Le doute saisit les Algériens alors que le président Bouteflika fête ses 80 ans

Les interrogations autour de l'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika et sa capacité à diriger le pays se multiplient alors que le président algérien fête ce jeudi ses 80 ans.

Abdelaziz Bouteflika lors d\'une rencontre avec François Hollande à Alger en juin 2015.
Abdelaziz Bouteflika lors d'une rencontre avec François Hollande à Alger en juin 2015. (ALAIN JOCARD / POOL)

En Algérie, Abdelaziz Bouteflika fête ce jeudi 2 mars ses 80 ans. Le chef de l'État n'est pas apparu en public depuis plusieurs années et ne s'est pas adressé directement à son peuple depuis... 2012 ! Le 20 février dernier, l'homme a même annulé au dernier moment une rencontre prévue avec Angela Merkel.

Qui prendra la suite ?

En avril 2014, pour son quatrième mandat, c'est d'une voix inaudible et tassé dans un fauteuil roulant qu'Abdelaziz Bouteflika prête serment. Trois ans plus tard, son parti, le FNL, assure que tout va bien. Mais le chef de l'Etat est-il vraiment en état de diriger le pays ? Et, surtout, qui prendra sa suite ?

Le discours officiel peine à masquer la réalité

"Il est difficile d'être catégorique car on ne sait pas ce qu'il se passe, explique Kader Abderrahim, chercheur à l'Iris et spécialiste du Maghreb. Cela donne lieu à des spéculations inquiétantes alors que le président de la République devrait annoncer lui-même son retrait et désigner son successeur avant de convoquer des élections. Là, on a la sensation qu'il s'accroche et c'est insupportable. Le discours officiel peut continuer à masquer la réalité mais les Algériens ne sont pas dupes et les partenaires de l'Algérie encore moins."

Les recettes pétrolières ne calment plus la grogne

À l'instabilité politique s'ajoute l'instabilité sociale : dans le pays, les grèves et les manifestations ont lieu presque chaque jour. Contre le chômage, la corruption, la faiblesse des salaires. Et les recettes pétrolières qui permettaient de calmer la grogne sociale à coup de subventions s'épuisent... Pour les cercles de réflexion américains, le pays est tout simplement "mûr pour l'effondrement".