"Laissez la place aux jeunes" : des milliers d'étudiants algériens protestent contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika

Des milliers d'étudiants ont manifesté mardi contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle pour obtenir un cinquième mandat.

À Alger, des miliers d\'étudiants ont manifesté contre la candidature d\'Abdelaziz Bouteflika à l\'élection présidentielle. 
À Alger, des miliers d'étudiants ont manifesté contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle.  (LEILA BERATTO/RADIOFRANCE)

Plusieurs milliers d'étudiants ont défilé à nouveau mardi 5 mars dans la capitale et dans plusieurs villes d'Algérie contre la cinquième candidature du président Abdelaziz Bouteflika. Les manifestations se sont poursuivies en dépit des promesses du chef de l'État de réformer et de ne pas aller au bout de son mandat en provoquant des élections anticipées.

En milieu de matinée mardi, plusieurs milliers d'étudiants étaient réunis dans le centre d'Alger. Ils ne se sont pas rendus dans les facultés aujourd'hui pour protester contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika. La place Maurice Audin, au coeur de la capitale, est quadrillée par les forces anti-émeutes alors que les pancartes des étudiants, dessinées au feutre, demandent de "laisser la place aux jeunes". 

On veut un changement et on l'aura.Bilalfranceinfo

Drapeau algérien enroulé autour des épaules, Bilal est catégorique : "Oui, il est candidat, mais le peuple ne va pas l'accepter. Le peuple est fort", scande-t-il. Cet étudiant est venu pour faire entendre sa voix : "On a vécu dans un système qui n'a pas bougé depuis vingt ans. On sait bien que ça ne marche pas, on veut un changement et on l'aura", affirme-t-il.

Les forces de l'ordre laissent les étudiants se diriger vers la Grande poste et bloquent même la circulation. Dans les rues devenues piétonnes, ces jeunes continuent de chanter, fabriquent de nouvelles pancartes et parviennent à se rassembler sur les marches de la Grande poste. Derrière une immense bannière, un seul message, toujours le même : "Nous ne voulons pas d'un 5e mandat".