Algérie : premier vendredi de manifestations depuis l'annulation de la présidentielle

Il s'agit du 16e vendredi consécutif de manifestations dans le pays. Le 11 mars, le président Abdelaziz Bouteflika, qui a depuis démissionné, avait renoncé à briguer un cinquième mandat et reporté sine die la présidentielle. 

Une foule de manifestants, le 7 juin 2019, à Alger (Algérie). 
Une foule de manifestants, le 7 juin 2019, à Alger (Algérie).  (RYAD KRAMDI / AFP)

Les Algériens ne désarment pas. Ils se sont à nouveau largement mobilisés le 7 juin pour un 16e vendredi consécutif, le premier depuis l'annulation de la présidentielle en Algérie qu'ils rejetaient en bloc. Ce nouveau mouvement intervient aussi au lendemain de déclarations du président par intérim réaffirmant sa volonté d'organiser un scrutin à très court terme.

Un impressionnant déploiement policier dès la matinée dans le centre d'Alger n'a pas empêché une foule massive de converger dès la fin de la grande prière musulmane hebdomadaire, en début d'après-midi, aux abords de la Grande poste, point de ralliement de la contestation dans la capitale. Plusieurs centaines de personnes y étaient déjà rassemblées en chantant "Y en a marre de ce pouvoir".

"Dégage !"

Les manifestants ont également crié "dégage !" à Abdelkader Bensalah, président par intérim, et au général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée devenu de facto l'homme fort du pays depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, sous la pression de ce mouvement de contestation inédit.

Difficile à évaluer avec précision, faute de comptage officiel, la mobilisation semble intacte à Alger où plusieurs artères du centre débordent de manifestants, selon des journalistes sur place. Des défilés ont également eu à nouveau lieu dans plusieurs autres villes, selon des médias et les réseaux sociaux.