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Algérie : le gouvernement s'attaque à une émission de caméra cachée simulant des prises d'otages

L'éxécutif algérien menace de fermer les chaînes de télévision qui banalisent la violence. La diffusion de l'émission "Otages", dans laquelle un ex-footballeur a été kidnappé, a mis le feu aux poudres.

Article rédigé par franceinfo
France Télévisions
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Capture d'écran de l'émission "Otages", diffusée sur la chaîne algérienne Echourouk TV, qui simule des enlèvements en caméra cachée. (ECHOUROUK TV / LES FEMMES ALGERIENNES)

Une nouvelle émission de caméra cachée, qui simule des prises d'otages, a provoqué la polémique en Algérie. Après la diffusion du programme au début du mois de ramadan, le gouvernement algérien a demandé à plusieurs chaînes de "prendre, sans délai, des dispositions rigoureuses" concernant les programmes violents, rapporte le Figaro, lundi 29 juin.

Le concept de l'émission Otages est simple : simuler des enlèvements de la façon la plus réaliste possible. Dans un épisode, l'ancien international algérien des Glasgow Rangers, Madjid Bougherra, est ainsi kidnappé puis conduit au milieu du désert les yeux bandés, rapporte El Watan. L'équipe finit par applaudir et révéler la mise en scène, qui ressemble à celle des exécutions perpétrées par le groupe terroriste Etat islamique.

"Des scènes contraires aux traditions ancestrales"

Une blague qui n'est pas du tout du goût de certains internautes. "Cette émission, au lieu de nous faire rire, nous ramène à l’époque où la peur et le sang n’étaient malheureusement pas une caméra cachée", s'est ainsi indigné un utilisateur de Facebook, cité par El Watan. En Algérie, la guerre civile a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes entre 1991 et 2002.

Outré par l'émission, le gouvernement algérien menace plusieurs chaînes de télévision privées de retrait d'autorisation d'installation, dans un communiqué publié lundi. Il exige qu'elles "expurgent" de leurs programmes "les scènes contraires à nos traditions ancestrales et à nos valeurs religieuses qui bannissent la violence sous toutes ses formes", précise BFMTV.

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