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L' ANC peut-elle survivre à Mandela?

Quelques jours après le décès de Nelson Mandela, certains signes montrent, en Afrique du Sud, que la Congrès national africain cherche à utiliser la disparition de l'icône mondiale, avant l'élection présidentielle. Une élection qui se déroulera au printemps 2014.
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France Télévisions
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Des partisans de l'ANC brandissant un drapeau de leur parti devant une statue de Mandela. Cape Town. 9 décembre 2013. (AFP/ Jennifer Bruce)
Jusqu'à sa mort, Mandela aura été «exploité» médiatiquement par son parti politique. 19 ans après la fin de l'apartheid, l'Afrique du Sud est un pays démocratique. Il garantit à chacun de ses citoyens, Noirs et Blancs, les mêmes droits. Et celà fait 19 ans que l'ANC règne sur le pays. Dans la réalité, cette égalité ne s'applique pas dans tous les domaines de la société.

Au niveau économique et social, la situation est pire qu'à la fin de l'apartheid. Le chômage, la non-redistribution des terres agricoles "blanches" et le manque de logements touchent en particuler la population noire.
«La sortie de l'apartheid a aussi creusé des inégalités au sein de la communauté noire» souligne Philippe Hugon, directeur de recherche en en charge de l'Afrique à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Au pouvoir depuis 2009, Jacob Zuma (successeur de Thabo Mbeki) dirige la pays au sein d'une alliance tripartite : l'ANC, le Parti Communiste et le COSATU (Congrès des Syndicats d'Afrique du Sud). Selon Philippe Hugon, le pays serait «sur le fil du rasoir». Depuis le début de la crise financière, l'Afrique du Sud doit rassurer les capitalistes financiers blancs sans omettre de répondre aux aspirations des 40% de jeunes noirs au chômage.

Une énorme frustation sociale a émergé dans le pays. Une frustation expliquée également par les scandales de corruption impliquant le Président Zuma, son entourage et des membres de l'ANC.
A un an de l'élection présidentielle, celui qui vient d'être réelu à la tête de son parti peut-il être menacé? En dépit de la fronde sociale, la route semble toutefois dégagée pour sa réelection à la présidence. Mais pour combien de temps?
Pour  David Zounmenou, chercheur à l'Institut d'études de sécurité à Prétoria « Les dirigeants de l'ANC ont toujours utilisé Mandela comme paravent pour justifier leur incompétence. Mais cette manipulation ne pourra plus durer en son absence».


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