Afrique du Sud : "Miss South Africa" ouvert aux femmes transgenres

Le concours de beauté continue de se montrer de plus en plus progressiste.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Logotype du concours national de beauté sud-africain, "Miss South Africa" (MISS SOUTH AFRICA)

Le concours de beauté sud-africain Miss South Africa (Miss Afrique du Sud) admet officiellement les personnes transgenres dans la compétition. Une première semble-t-il sur le continent africain. "Dois-je être née de sexe féminin pour participer ?" A cette question que l'on retrouve dans la section dédiée aux critères d'éligibilité au concours, la réponse est désormais non. "Les femmes transgenres peuvent participer au concours de Miss Afrique du Sud", a indiqué l'organisation de l'événement sur son site, alors que les inscriptions pour l'année 2021 se sont ouvertes le 24 mai (le concours est prévu en octobre). Néanmoins, "pour pouvoir concourir au niveau international, la candidate doit être en possession d'une pièce d'identité sud-africaine valide indiquant que son sexe modifié est féminin." Le concours de Miss Univers, par exemple, autorise la participation des personnes transgenres depuis 2012, grâce au combat de la Canadienne Jenna Talackova, rapporte Le Parisien. 

Une opportunité quelque peu inaccessible

"A l'échelle internationale, la réglementation stipule que vos documents d'identité doivent indiquer que vous êtes une femme, donc actuellement, nous nous en tenons à cette réglementation internationale (...)", a expliqué Stephanie Weil, la présidente de l'organisation Miss Afrique du Sud, à la SABC, le média public sud-africain. 

(Tant que les compétitions internationales telles que Miss Univers, Miss Monde, etc. autorisent également les personnes transgenres. On ne voudrait pas d'une situation où une Miss South Africa transgenre se verrait interdire de représenter le pays sur la scène mondiale.)

S'ils saluent la démarche, les activistes notent toutefois que les exigences administratives rendent l'offre quelque peu inaccessible. Selon Liberty Matthyse de l'organisation sud-africaine Gender Dynamix, rapporte SABC, le délai d'attente actuel pour accéder aux traitements hormonaux et aux chirurgies d'assignation de genre dans le système public de santé serait de 25 ans en Afrique du Sud. C'est l'une des raisons pour lesquelles "il est très difficile pour les gens de faire une demande (de changement d'Etat civil) auprès du ministère de l'Intérieur".

A l'écoute de son temps 

Ce n'est pas la première fois que Miss Afrique du Sud fait montre d'avant-gardisme. En 2019, Sibabalwe Gcilitshana devenait la première personne ouvertement homosexuelle à participer au concours de beauté. Elle comptait parmi les 16 finalistes de la compétition. L'homosexualité est légale dans la nation arc-en-ciel, contrairement à d'autres pays sur le continent africain. 

Le concours sud-africain avait déjà été salué pour ses options progressistes lorsqu'il avait défié des normes de beauté un peu dépassées en couronnant en 2019 Zozibini Tunzi, une femme aux cheveux courts et au teint foncé. Cette reine de beauté a ensuite marqué l'histoire en devenant la première Miss Univers portant ses cheveux crépus courts, faisant d'elle une idole instantanée.

Dans de plus en plus de pays, comme l'Espagne où Angela Ponce a remporté le concours en 2018 et est devenue la première candidate transgenre à participer au concours Miss Univers la même année et le Panama récemment, rien ne s'oppose à la participation des femmes transgenres aux concours nationaux. En France, le règlement le permet également. Pour Sylvie Tellier, la directrice de l'organisation Miss France, interrogée par Le Parisien en 2019, c'est le degré d'ouverture du public qui fait la différence.

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