VIDEO. À travers le rap, Sonita Alizadeh veut montrer au monde entier que le mariage forcé est “une tradition cruelle“

Sonita Alizadeh plaide contre le mariage forcé des enfants en Afghanistan. Elle utilise le rap comme moyen d’expression et pour diffuser son message. Elle témoigne.

Voir la vidéo
BRUT

Sonita Alizadeh est une militante contre les mariages forcés d’enfants en Afghanistan. Son moyen d’expression ? Le rap. Sonita a été mariée de force à l’âge de 10 ans. "Quand j’avais 10 ans, ma famille a organisé mon mariage. Je ne savais pas ce qui allait se passer, j’étais si jeune. Je pensais que c’était un jeu, une fête", se souvient-elle. Finalement, elle a préféré s’enfuir et est aujourd’hui réfugiée afghane.

Pas moins de douze millions de filles de moins de 18 ans sont mariées de force chaque année. "Je savais qui je voulais devenir et je ne voulais pas être mariée", assure Sonita. Les épouses-enfants sont exposées aux abus sexuels, à l’exploitation, à la violence ou encore à la malnutrition.

Le rap pour raconter son histoire "au monde entier"

"Je travaillais dans une salle de sport, je faisais le ménage quand j’ai entendu une chanson d’Eminem" , raconte Sonita Alizadeh. À partir de ce moment-là, la jeune femme a envie d’utiliser le rap "comme outil d’expression personnelle et comme moyen de raconter son histoire au monde entier."

Pourtant, Sonita n’avait aucune idée du contenu de la chanson d’Eminem. "Il rappait en anglais", raconte-t-elle, amusée. Mais elle ressent à travers le rap un moyen d'expression fort. Ainsi, en 2015 elle sort son titre "Filles à vendre" qui s’inspire de son vécu. Avec sa chanson, Sonita Alizadeh tenait aussi à rendre hommage à ses amies. Ces dernières luttent également contre le mariage forcé. Certaines d’entre elles ont toujours le visage "couvert de bleus à cause de leur opposition au mariage forcé d’enfants", témoigne Sonita.