Tribune "Ils sont dans la ligne de mire des talibans" : un collectif demande à la France d’accueillir un avion avec 145 réfugiés afghans

Après la prise de pouvoir dimanche par les talibans, des chercheurs et un collectif de journalistes travaillant ou ayant travaillé en Afghanistan appellent à faire évacuer vers la France 145 personnes ciblées "sans relâche" par les talibans.

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Radio France
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Des personnes sont évacuées de Kaboul le 17 août 2021 par l'armée française, après le retour au pouvoir des talibans dans le pays. Photo d'illustration.  (STR / AFP)

Dans une tribune publiée mercredi 18 août sur franceinfo.fr, un centre de recherche établi en Afghanistan et un collectif de journalistes travaillant ou ayant travaillé en Afghanistan demandent à Emmanuel Macron de les autoriser à évacuer vers la France les "profils les plus à risque en Afghanistan, ceux que les talibans ciblent sans relâche depuis vingt ans", parmi lesquels des "intellectuels, journalistes, chercheurs, sportifs, traducteurs, archéologues, artistes" ayant "tous travaillé avec des étrangers, parfois pour des institutions françaises"Ce collectif explique avoir obtenu le financement d’un vol de 145 places et les autorisations des Américains pour atterrir à Kaboul. Il leur manque juste un pays d’arrivée. "Nous sollicitons le président Macron pour qu’il autorise ces 145 visages marqués par l’effroi et la terreur à atterrir en France. Avant qu’ils ne vivent cloîtrés, ou disparaissent, tout simplement", écrivent-ils.


145 places d'avion qui honoreraient la France

Nous représentons un centre de recherche privé, établi en Afghanistan depuis près de vingt ans. Épaulé par un groupe de volontaires et de journalistes français connaissant ce pays en profondeur, nous avons obtenu le financement d’un vol charter A747 grâce au soutien de plusieurs fondations privées, américaines notamment. Notre but : évacuer d’urgence les profils les plus à risque en Afghanistan, ceux que les talibans ciblent sans relâche depuis vingt ans. Les vols commerciaux, mis à l'arrêt, ne peuvent assurer cette tâche.

Certains de ces hommes et femmes sont sur des listes noires, d’autres ont déjà été ciblés par des agressions des talibans.

Les auteurs de la tribune

Intellectuels, journalistes, chercheurs, sportives, traducteurs, archéologues, artistes. Ils ont tous travaillé avec des étrangers, parfois pour des institutions françaises, et se terrent depuis trois jours.

Il a été dit, à raison, que des milliers d’Afghans pourraient continuer de vivre et de travailler sous un régime taliban. Les gens qui veulent monter dans cet avion ne font pas partie de cette catégorie. Ils sont dans la ligne de mire des insurgés. Dans la course aux assassinats ciblés qui ont marqué ces deux dernières années, ils ont perdu de très nombreux proches.

"Nous sollicitons le président Macron"

Le vol mis à disposition comporte 145 places. Il a reçu l’autorisation des Américains pour atterrir à Kaboul. Une autorisation précaire : si les Américains quittent bientôt l’aéroport, qui sera en mesure d’assurer la sécurité des départs ?

Pour que l’avion décolle, nous devons obtenir une lettre d'autorisation d'atterrissage d’un pays tiers, qui acceptera les personnes avec ou sans passeport afghan. Sans cette lettre, notre avion ne pourra pas être autorisé à atterrir puis à décoller ensuite de Kaboul.

Il nous manque désormais une destination. Nous sollicitons le président Macron pour qu’il autorise ces 145 visages marqués par l’effroi et la terreur à atterrir en France. Avant qu’ils ne vivent cloîtrés, ou disparaissent, tout simplement.

Auteurs de la tribune : 
Nama Vanier, CEO de Sayara Research, et un collectif de journalistes travaillant ou ayant travaillé en Afghanistan.

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