Évacuations d'Afghanistan : "Une vraie mission de guerre", témoigne un pilote de l'Armée de l'air française

Le lieutenant-colonel Nicolas a effectué plusieurs missions au Sahel. Le 16 août dernier, il était le premier pilote de l'armée française à atterrir à Kaboul dans le cadre de l'opération Apagan, visant à évacuer Afghans et Français menacés de mort par les talibans. 

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un avion A 400 M de l'armée de française, transportant des exfiltrés d'Afghanitan dans le cadre de l'opération Apagan, le 29 août 2021. (ETAT-MAJOR DES ARMÉES / AFP)

L'armée américaine s'est totalement retirée d'Afghanistan, dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 août, comme l'avait annoncé le président des États-Unis Joe Biden. Selon les chiffres donnés par Washington, plus de 110 000 Afghans et étrangers ont été évacués depuis le 14 août. La France a, pour sa part, permis à 2 834 personnes de quitter le pays, grâce à l'opération baptisée Apagan.

Le lieutenant-colonel Nicolas a été le premier pilote de l'Armée de l'air française à s'être posé dans la capitale afghane. Son équipage et lui, sont partis le 15 août de la base aérienne d'Orléans (Loiret) et sont arrivés dans la nuit à Kaboul. 

Les étoiles filantes étaient des tirs au sol

Le militaire se souvient des premières images qu'il a vues, avec son co-pilote, depuis le cockpit de l'A 400 M en arrivant à Kaboul, "de très belles images d'étoiles filantes. Puis, on s'est rendu compte que ces paisibles étoiles filantes devenaient parfois des échanges de tirs au sol". 

Une fois posé, l'avion est resté moteurs tournants. Sur des images tournées par l'Armée de l'air, on voit des militaires français guider rapidement vers l'arrière de l'appareil, des personnes de tous âges, des hommes en fauteuil roulant, des enfants endormis sur l'épaule de leur mère. "Ce n'est pas anodin du tout de voir ces gens quitter leur pays comme ça dans l'urgence, c'était assez émouvant", confie le lieutenant-colonel Nicolas.

Dans l'avion, faut-il privilégier la sécurité, un passager par siège, ou accepter une surcapacité ? La question s'est posée très vite, lors de la deuxième rotation.

"Nous sommes repartis avec plus de 220 personnes alors que l'avion a une capacité de 116 sièges passagers."

Lieutenant-colonel Nicolas

franceinfo

L'officier adresse d'ailleurs une pensée au CESAM, la cellule de la base d'Orléans qui a su estimer les risques, calculer les charges et donner le feu vert à cette surcapacité. Une entorse aux règles que seules les situations de guerre permettent. "L'objectif était d'évacuer des personnes le plus rapidement possible. C'est un peu différent de ce qu'on est amené à faire au Sahel, où on est plus dans le soutien des troupes engagées au sol avec de l'aérolargage de vivres, d'hommes... C'est un mode d'action un peu différent mais c'est une vraie mission de guerre"

26 vols ont été effectués entre Kaboul et les Émirats Arabes Unis où les évacués d'Afghanistan embarquaient dans des Airbus à destination de la France. Il y a eu 16 vols entre les Émirats et Paris.

Retrait d'Afghanistan : le témoignage d'un pilote français, recueilli par Franck Cognard
écouter

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Afghanistan

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.