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Affaire Snowden : la Chine n'a "aucune information à fournir"

Pékin a indiqué jeudi n'avoir "aucune information à fournir" au sujet de l'ex-consultant de la National Sécurity Agency (NSA) réfugié à Hong-Kong depuis le 20 mai dernier. Une semaine après ses révélations sur l'existence d'un vaste programme américain de surveillance, Edward Snowden est toujours caché.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (Bobby Yip Reuters)

Dans un entretien accordé au quotidien South China Morning
Post
, Edward Snowden affirme que les surveillances américaines ciblent notamment
depuis 2009 Hong-Kong ou la Chine. " Nous
piratons les systèmes centraux des réseaux, comme d'énormes routeurs internet,
en général, qui nous donnent accès aux communications de centaines de milliers
d'ordinateurs sans avoir à pirater chacun d'entre eux"
, a détaillé l'informaticien.

Ces nouvelles révélations font jeudi la une des journaux et
sites d'information chinois, et mettent à l'épreuve les relations entre la Chine
et les Etats-Unis, estime le quotidien China Daily . "Pendant des mois
Washington a accusé la Chine d'espionnage informatique, mais il apparaît qu'aux Etats-Unis la plus grande menace pesant sur le
respect de la vie privée et les libertés individuelles est le pouvoir sans
contrôle du gouvernement"
, a commenté Li Haidong, un chercheur sur les
Etats-Unis de l'Université chinoise des affaires étrangères, cité par le journal.

" Je ne suis ni un traître ni un héros. Je suis un Américain. " (Edward Snowden)

Pékin a officiellement
réagi jeudi, par la voix de la porte-parole de la diplomatie chinoise. Hua
Chunying a indiqué n'avoir "aucune information à fournir" au sujet d'Edward
Snowden, répondant à plusieurs questions portant sur
une éventuelle demande d'asile ou sur l'emplacement exact où il se cacherait. "Nous
sommes opposés à toute forme de piratage et d'attaque informatique"
, a par
ailleurs commenté Mme Chunying, après les nouvelles révélations de Snowden
selon lesquelles les Etats-Unis surveillent particulièrement la Chine. "Comme
d'autres pays, la Chine fait aussi face à de graves menaces d'attaques informatiques"
.

Image ternie

Aux Etats-Unis, les autorités ont
dénoncé les "ravages" causés par ces fuites à ces programmes "vitaux" selon elles pour la lutte antiterroriste. Mercredi, le directeur de la NSA,
Keith Alexander, a défendu devant le Sénat la nécessité d'un tel programme de surveillance
des communications. La presse chinoise demande plus de détails sur le programme
Prism
, qui serait capable, à partir d'une adresse électronique, de lire les
correspondances de n'importe qui. "Faux" a démenti Keith Alexander
sur ce point, qui a ajouté que ce programme avait permis de d'empêcher des "dizaines d'actes terroristes, [...] ici et à l'étranger".

Mais l'image des Etats-Unis
est ternie, et la confiance difficile à retrouver. Le 12 mars dernier, le sénateur républicain de l'Oregon, Ron
Wyden, avait demandé à James Clapper, le directeur du
National Intelligence, si les agences américaines du renseignement "collectaient des informations, n'importe quelles
informations sur des millions d'Américains ?
" "Non,
Monsieur
", avait répondu James Clapper, les yeux baissés, en se grattant
la tête. "Sauf dans de rares cas et par inadvertance ", avait-il
précisé. (voir à 06:10)

 

 

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