Tornade à Saint-Nicolas-de-Bourgueil : des vents pas assez tropicaux ?

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Oeil du 20h
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France Télévisions

A Saint-Nicolas-de-Bourgueil, en juin dernier, une tornade avec des vents avoisinant les 200 km/h provoque d’importants dégats et arrache même une partie de l’église. Mais l’Etat refuse de prendre un arrêté de catastrophe naturelle. Le prétexte : la commune n’est pas située dans un département d’outre mer. L’oeil du 20h a eu vent de ce casse tête administratif. 

Près de trois mois après la tornade, les dégâts à Saint-Nicolas de Bourgueil sont toujours bien visibles. "Le clocher est tombé en 7 secondes”, regrette Sebastien Berger, le maire du village. Lorsque le maire a voulu que sa commune bénéficie de l’état de catastrophe naturelle, dans le formulaire de la préfecture, il a dû cocher une case et choisir entre "inondation, sécheresse, avalanche, séisme et vents cycloniques, mais ces "vents cycloniques" ne concernent que les départements d'outre mer. 

"Sur 15 millions d’euros de dégâts, 2 millions ne seront pas pris en charge"

Hélas pour Mr le maire, à St-Nicolas de Bourgueil, il n’y a pas de palmiers, nous ne sommes pas aux Antilles. “Sur ce type d’évènement, qu’on arrête de nous dire qu'on ne rentre pas dans la bonne case, et qu'on ne nous prend pas en charge. Je me battrai jusqu’au bout”, affirme combatif le maire de Saint-Nicolas-de-Bourgueil. 

Ne pas obtenir l’état de catastophe naturelle, c’est parfois être moins bien remboursé. Le maire a fait ses calculs, selon lui sur 15 millions d’euros de dégâts, 2 millions ne seront pas pris en charge. Si les toitures des habitations ou celle de l’église sont bien couvertes, ce n’est pas le cas de tous les biens. 

Bernard Dousset est propriétaire d'un gîte dans le village et il a vu son domaine dévasté après le passage de la tornade. Une soixantaine d’arbres détruits. "Avant c'était magnifique, et aujourd'hui c'est un désastre", regrette amer le propriétaire des lieux. 

"Dans le contrat des assurances, les tornades ils ne connaissent pas"

Si l’état de catastrophe naturelle avait été reconnue, le déblayement aurait pu être pris en charge. Cela n’a pas été le cas. Il a donc dû compter sur la générosité de la commune et des voisins. "On a eu ici 40 personnes, 7 tracteurs, 1 tracteur téléscopique, 15 tronçonneuses. Le contrat ne prévoit pas ce genre de choses, les tornades ils ne connaissent pas”, témoigne Bernard Dousset. 

En France métropolitaine, ces cinq dernières années, 148 communes ont connu le même casse tête administratif. Si bien que certains parlementaires demandent un changement de la loi. “On constate tous qu’on a des phénomènes cycloniques aujourd’hui en métropole. Peut-être que c’était pas le cas avant mais aujourd’hui ça existe. Il y a un trou dans la raquette. Il faut revoir les critères, il faut changer la loi”, réclame Nadia Sollogoub, sénatrice. 

Contacté, le ministère de l’intérieur, nous indique qu’il n’est, à ce jour pas prévu que la loi évolue.

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