Tempête Andréa : le dernier épisode d'un "défilé de dépressions" inhabituel

Depuis janvier, près d'une trentaine de perturbations ont touché la France. La dernière, Andréa, devrait traverser la France sans trop de dégâts.

A Guilvinec dans le Finistère, le 14 février dernier, d\'impressionnantes vagues s\'écrasent contre le phare. 
A Guilvinec dans le Finistère, le 14 février dernier, d'impressionnantes vagues s'écrasent contre le phare.  (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

La côte atlantique est toujours sous le vent et la pluie. Après un mois de janvier marqué par les inondations à répétition, notamment en Bretagne, Andréa, une nouvelle dépression, traverse la France vendredi 28 février et samedi 1er mars. Sept départements ont été placés en vigilance orange pour des risques de vagues-submersion.

Francetv info a demandé à Ludovic Lagrange, prévisionniste chez MétéoGroup et consultant de France Télévisions, quelques explications.

Francetv info : la dépression Andréa est-elle comparable aux épisodes de tempête précédents ? 

Ludovic Lagrange : Cette dépression est moins violente que la dernière. Le plus gros de la tempête est derrière nous, les vents les plus violents ayant été atteints, a priori, vendredi après-midi. Par ailleurs, elle concerne essentiellement la Bretagne et en particulier le Finistère et les Côtes-d'Armor.

Des vents violents ont été observés sur le sud et l'ouest de la dépression avec notamment des vents relevés à 149 km/h à Camaret, 142 km/h à la pointe du Raz et 135 km/h à Brignogan. Ces vents ont atteint leur maximum vendredi après-midi. Ils faibliront en même temps que la dépression se décalera vers l'intérieur des terres.

La houle conjuguée aux grandes marées provoque toutefois des risques de submersions sur l'ensemble de la côte. Le littoral aquitain, déjà très fragilisé par les précédents épisodes, y est particulièrement exposé.

A quoi est dû ce nouvel épisode ?

Depuis le 15 décembre, nous avons un défilé de dépressions qui se succèdent sous nos latitudes. L’anticyclone des Açores a normalement tendance à remonter sur l’Atlantique et à forcer les dépressions à remonter vers le nord. Mais cet hiver, l'anticyclone n'a pas fait son travail, il circule à des latitudes trop basses, bloqué dans son domaine, il ne nous protège pas.

Les nombreuses dépressions sont-elles liées à l'hiver très doux que nous connaissons ?

C'est l'inverse, c'est parce qu'il y a eu autant de dépressions qu'il a fait aussi chaud. Quand le temps est plus doux, c'est principalement dû au flux d'ouest. Cet hiver, à l'échelle atmosphérique, il y a eu deux vastes régions où il a fait trop froid : au nord et au nord-est des Etats-Unis ainsi qu'en Asie. Pour simplifier, il y a comme un retour à l'équilibre qui s'impose dans l'atmosphère, et ce rééquilibrage s'effectue sous nos latitudes.