L'Islande enregistre une importante activité sismique et volcanique

Depuis la mi-juin, les scientifiques anticipent une éruption du Grimsvötn, situé dans le sud de l'île. Par ailleurs, trois séismes d'une magnitude supérieure à 5 ont été enregistrés ces derniers jours dans le nord du pays.

Le volcan Grimsvötn est situé sous le glacier Vatnajökull, ici photographié en janvier 2014, dans la partie sud de l\'Islande.
Le volcan Grimsvötn est situé sous le glacier Vatnajökull, ici photographié en janvier 2014, dans la partie sud de l'Islande. (JUAN-CARLOS MU?OZ / BIOSPHOTO)

Des séismes dans le Nord, un volcan dans le Sud. Ces trois derniers jours, plus de 3 000 secousses ont agité les sismographes, a annoncé l'institut météorologique islandais (en anglais), lundi 22 juin, avec un épicentre situé au large d'un village de la côte septentrionale. Cette activité est enregistrée alors que les scientifiques anticipent déjà depuis la mi-juin une nouvelle éruption du volcan Grimsvötn, situé dans la région méridionale. En effet, des taux de dioxyde de soufre particulièrement élevés ont été enregistrés, suggérant la présence du magma à faible profondeur.

Si l'éruption du volcan Eyjafjöll en 2010 avait provoqué la formation d'un immense nuage de cendres et semé le chaos dans le ciel européen pendant un mois, avec plus de 100 000 vols annulés et huit millions de passagers bloqués, les risques sont jugés plus faibles dans ce cas. Prudence, toutefois. En 2011, le réveil du Grimsvötn avait tout de même entraîné l'annulation de quelque 900 vols, les cendres ayant atteint le Royaume-Uni et les abords du continent européen. L'éruption de ce volcan subglaciaire peut également déclencher des inondations liées à la fonte des glaces qui le recouvrent.

Un panache de cendres et de vapeur s\'échappe du volcan Grimsvötn, le 24 mai 2011.
Un panache de cendres et de vapeur s'échappe du volcan Grimsvötn, le 24 mai 2011. (BJORN ODDSSON / AFP)

Sur la côte nord, cette fois, trois séismes d'une magnitude supérieure à 5 sur l'échelle de magnitude du moment ont été enregistrés ces derniers jours. L'un d'eux a été ressenti jusqu'à Reykjavik, la capitale, située à 265 km.

Un "essaim" sismique dans le nord du pays

Selon l'Institut météorologique d'Islande, l'épicentre de cet "essaim" sismique, qui devrait se poursuivre au cours des prochains jours, se trouve à 20 kilomètres au large de Siglufjördur, petit village de quelque 1 200 âmes sur la côte nord islandaise. Et à quelques dizaines de kilomètres d'Akureyri, deuxième ville d'Islande avec près de 20 000 habitants.

Un témoin oculaire a pris cette photo d\'un glissement de terrain sur une pente abrupte, non loin de l\'épicentre.
Un témoin oculaire a pris cette photo d'un glissement de terrain sur une pente abrupte, non loin de l'épicentre. (SIGURGEIR HARALDSSON / OFFICE METEOROLOGIQUE ISLANDAIS)

Aucun blessé ni dégât majeur n'est pour l'instant à déplorer – seul des glissements de terrain et des chutes de pierres ont été observés près de l'épicentre. La région est régulièrement secouée par des séismes : située sur la zone de fracture de Tjörnes, cette faille géologiquement active est composée d'une série de zones tectoniques et volcaniques en mouvement. Le dernier événement de ce type a été enregistré en 2012-2013 mais le séisme le plus intense dans cette zone remonte à l'année 1755, avec des secousses évaluées à une magnitude 7 par des études rétrospectives.

Une autre partie du pays est déjà sous surveillance depuis le début de l'année, avec une série de tremblements de terre aux alentours de Grindavik, non loin des eaux fumantes du touristique "Lagon bleu" dans la péninsule de Reykjanes (sud-ouest).