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"Ils ont sorti mon amie des décombres après 1h30 sous trois étages" : un habitant de Mexico raconte le séisme

Au moins 248 personnes ont péri, mardi 19 septembre, lors d'un violent séisme de magnitude 7,1 qui a secoué Mexico et le centre du Mexique.

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Un immeuble s'est effondré après un violent séisme, à Mexico (Mexique), le 19 septembre 2017. (CLAUDIA DAUT / REUTERS)

"Je sortais de chez moi lorsque ça a commencé à trembler." Matthieu Casasus vit dans le quartier de Coyoacan, à Mexico, dans le sud de la capitale mexicaine. Il s'y trouvait, mardi 19 septembre au soir, quand un violent séisme de magnitude 7,1 a secoué le centre du Mexique. "L'alarme a commencé à retentir. C'était un bourdonnement effrayant. Habituellement, il y a un décalage avec les premiers tremblements mais là, ça a été immédiat."

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"Ma femme est sortie de la maison en larmes et effrayée par la force du tremblement", raconte-t-il à franceinfo. Juste après, Matthieu Casasus s'est rendu à l'école franco-mexicaine, située près de chez lui.

Je suis parti en courant à l'école pour aller chercher mes enfants, voir si tout allait bien.

Matthieu Casasus

à franceinfo

L'établissement est à deux minutes de son logement, pourtant, Matthieu Casasus a eu des difficultés à le rejoindre : "On ne pouvait plus marcher dans la rue, il y avait trop de monde. Les gens ont eu peur et sont sortis pour vite rentrer chez eux."

"Ma fille dormait pendant le séisme"

Arrivé à l'école, il a été rassuré par les équipes. "Les professeurs ont très bien réagi en réunissant tous les enfants dans la cour de l'école", continue de décrire Matthieu Casasus. Après une attente de 45 minutes, il a retrouvé sa petite fille de 3 ans, en larmes. "Elle dormait pendant le séisme, c'était l'heure de la sieste et puis la maîtresse l'a réveillée en la prenant vite dans ses bras pour la protéger." Son fils, âgé de 6 ans, était sous le choc.

Ils avaient fait une simulation de tremblement de terre le matin même et puis là, d'un coup, ça devenait réel.

Matthieu Casasus

à franceinfo

Matthieu Casasus n'est pas habitué au phénomène. "Je vis ici depuis 14 ans mais normalement, notre zone ne réagit pas aux tremblements de terre, parce qu'on est sur de la pierre volcanique", décrit ce Français de 41 ans.

"Il n'y a plus de réseau téléphonique"

Depuis le tremblement de terre, il tente d'aider les secours. "On nous demande des gants, des lampes, car il fait nuit ici, des compresses, du matériel pour lever les décombres comme des pioches et des pelles, des couvertures ou encore de la nourriture pour les bénévoles", énumère-t-il.

Matthieu Casasus a déjà constaté de nombreux dégâts : "Il n'y a plus de réseau téléphonique. Beaucoup d'immeubles, même récents, sont très abîmés, décrit-il. Certains quartiers sont sans lumière. Des fuites de gaz ont été déclarées." Il cite également un supermarché de son quartier effondré.

"On a peur des répliques"

"Ça a été effrayant, résume-t-il. Et maintenant, on a encore peur des répliques." Il s'inquiète également pour ses proches. "Une de mes amies était dans l'école Rebsamen, qui s'est effondrée. Ils l'ont sortie des décombres après 1h30 écrasée sous trois étages, raconte-t-il.

Plusieurs de mes amis sont actuellement à la rue, sans maison. Ils sont perdus.

Matthieu Casasus

à franceinfo

Après cet épisode traumatisant, sa famille va peut-être quitter la ville. "Pour la sécurité de mes enfants, je réfléchis à rentrer en France. La situation devient stressante, angoissante."

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