Crise de l'eau à Mayotte : une plainte déposée contre le syndicat des eaux et une filiale de Vinci

Face à la sécheresse et à l'état préoccupant des nappes phréatiques, l'Etat impose des coupures d'eau dans l'archipel depuis plusieurs mois.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Une habitante attend de récupérer des bouteilles d'eau lors d'une distribution à Dzaoudzi, à Mayotte, le 8 décembre 2023. (MIGUEL MEDINA / AFP)

En pleine crise de l'eau à Mayotte, des habitants du département ont porté plainte contre le Syndicat intercommunal d'eau et d'assainissement de Mayotte (SIEAM) et son délégataire, la Société Mahoraise des Eaux (SMAE), une filiale de Vinci. Dans cette plainte, déposée au parquet de Mamoudzou le 28 décembre, ils affirment notamment ne pas pouvoir se laver de manière satisfaisante et souffrir de maladies gastriques.

Le département le plus pauvre de France connaît sa plus importante sécheresse depuis 1997, aggravée par un manque d'infrastructures et d'investissements. Pour y faire face, l'Etat a intensifié ces derniers mois les coupures d'eau, jusqu'à n'y donner accès qu'un jour sur trois.

Le gouvernement a promis en septembre "un véritable plan Marshall pour Mayotte", mais ces mesures se sont révélées "insuffisantes" face à une "eau boueuse, parfois contaminée par de la matière fécale", dénoncent quinze habitants et une entreprise de l'île dans leur plainte, consultée par l'AFP.

Les plaignants espèrent "la fin de l'impunité" des pouvoirs publics

Le syndicat des eaux et la SMAE sont aussi accusés de ne pas avoir garanti la qualité de l'eau potable. Les opérateurs ont notamment laissé "en libre accès" des réservoirs d'eau, où des animaux "s'abreuvent", "ce qui est de nature à augmenter les risques de transmission" de maladies, affirme la plainte. L'entreprise plaignante dénonce, elle, une baisse de son chiffre d'affaires dûe au manque d'approvisionnement en eau.

En saisissant le procureur, les plaignants espèrent "la fin de l'impunité des personnes qui n'ont pas, depuis des années, fait leur travail en connaissance de cause", a expliqué à l'AFP leur avocat, Emmanuel Daoud. "On a l'impression que Mayotte est un confetti" aux yeux des pouvoirs publics, "comme si ses habitants étaient de seconde zone", a-t-il fustigé. Contactés par l'AFP, le syndicat des eaux et la SMAE n'ont pas répondu dans l'immédiat.

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