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Témoignages Orages en Corse : ces plaisanciers, pris en pleine tempête, racontent leurs "45 minutes en enfer"

Florence et sa famille étaient sur leur bateau, dans le golfe de Girolata, lors de la tempête. Ce dernier n'a pas coulé face à la puissance de la tempête, mais est désormais inhabitable.

Article rédigé par Thibault Lefèvre - Valentin Houinato
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des bateaux échoués sur la plage de Sagone, à Coggia, après la très forte tempête qui a balayé la Corse, le 18 août 2022. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Ils sont encore une vingtaine vendredi 19 août à Ajaccio, comme Florence et sa famille, sans logement ni voiture. Les vacances de cette plaisancière se sont terminées précipitamment jeudi matin vers 8h30, dans l'un des plus beaux endroits de Corse, le golfe de Girolata. "On a vu ce mur arriver et les bateaux vont s'entrechoquer non stop. Vous vous dites : c'est fini. Ça a été la pire expérience de ma vie, vraiment", explique-t-elle.

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Le bateau, "Le squeeze", flotte encore, mais la coque est percée par endroits. Il est désormais inhabitable. "On devrait repartir avec notre bateau, et donc là, ce ne sera pas possible, raconte Florence. Là, on va sans doute rentrer en ferry ou en avion, je ne sais pas encore. Il faut qu'on arrive à convaincre les enfants de remonter sur un bateau. La petite, elle, s'est vue mourir vraiment. À 11 ans, elle criait qu'elle ne voulait pas mourir. Et je pense que c'est la partie la plus compliquée pour une maman : de voir son enfant qui se dit qu'il va mourir..."

Orages en Corse : ces plaisanciers, pris en pleine tempête, racontent leurs "45 minutes en enfer" au micro de Thibault Lefèvre

"J'ai vraiment une trouille bleue maintenant"

Selon les mots d'Eugénie, 11 ans, elle a passé "plus de 45 minutes en enfer." Elle raconte : "Ça fait très peur. J'ai personnellement plus du tout envie de remonter sur un bateau. J'ai dit à maman que même les cours de voile à l'école, je voudrais qu'on me dispense parce que j'ai vraiment une trouille bleue maintenant. J'ai peur que le mât casse et qu'on coule, ou qu'on se retourne, ou quoi que ce soit. J'ai très peur."

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Le retour pour Nice se fera donc vraisemblablement en avion d'Ajaccio ou de Bastia, mais pas avant lundi : les vols sont complets. Ce week-end devrait d'ailleurs être dédié au nettoyage pour les touristes et les habitants. Comme sur cette autre plage, à Crovani, à côté de Calvi en Haute-Corse où les plaisanciers sont venus constater les dégâts : sur les 200 ou 300 mètres de cette plage de galets gris et violets, il y a onze bateaux complètement couchés sur le flanc, fouettés violemment par les plus grosses vagues qui arrivent jusqu'ici. Il s'agit de voiliers d'une dizaine de mètres, des Zodiac et un bateau qui, a priori, transportait des touristes.

Tous présentent des signes de vie à bord, comme celui-ci, qui appartient à un couple de Néerlandais. Ils sont en train de prendre des photos et mesurer l'étendue des dégâts sur leur voilier, avec l'expert envoyé en urgence par leur assurance. 

Reste une autre question : celle de la pollution. Certains de ces navires échoués ont toujours une réserve de diesel, qui ne doit pas se déverser dans la mer. À cela s'ajoute aussi les détritus qui s'amassent sur les galets : du plastique, des bouts de bois, des morceaux de meubles, des gilets de sauvetage et même juste là, une bonbonne de gaz.

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