Orages : "Une situation d'été assez classique mais très précoce", selon un expert

Plusieurs régions de France ont vu éclater des orages violents samedi et dimanche, avec parfois des averses de grêlons.

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Radio France
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Les orages ont notamment éclaté à Paris, le 19 juin 2021. (CARINE SCHMITT / HANS LUCAS)

"On a pu assister à des phénomènes violents", a constaté dimanche 20 juin sur franceinfo Stéphane Schmitt, expert à Météorage, centre européen de surveillance des orages, filiale de Météo France. La France est traversée depuis samedi par de fortes intempéries, avec notamment un épisode orageux intense.

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franceinfo : Comment expliquer la puissance de cet épisode orageux ?

Stéphane Schmitt : On est sur un épisode de grande ampleur. Dès hier, Météo France a placé 51 départements en vigilance orange, sachant que d'autres départements ont également été frappés par des orages isolés. C'est notamment le cas de la région nantaise, qui était en vigilance jaune. Effectivement, de manière très locale, on a pu assister à des phénomènes violents. On est sur une situation d'été assez classique, avec cet épisode caniculaire en France, pas intense, mais qui est quand même très précoce pour la saison. Quand ces conditions de chaleur sont associées à la présence d'un air frais d'humidité, on a les conditions nécessaires.

On a observé la présence de nuages supercellulaires. Pouvez-vous nous expliquer ce phénomène ?

Les nuages d'orage sont impressionnants dans tous les cas, même dans le cas d'un monocellulaire. Le nuage d'orage se développe à deux kilomètres au-dessus de nos têtes et va jusqu'aux limites d'une zone de l'atmosphère, à 18 km pour certaines latitudes. Imaginez ce monstre qui atteint 15 km d'épaisseur. Effectivement, ces phénomènes peuvent être particulièrement impressionnants.

Dans certains cas, ces phénomènes sont accentués par des vents ascendants encore plus violents et qui peuvent localement donner la génération de tornades ou de mini tornade, comme hier. C'est commun dans les Grandes plaines [région de l'Amérique du Nord, à l'est des montagnes Rocheuses]. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on est sur des phénomènes de très grande ampleur, qui partent de l'ouest et qui va traverser des centaines de kilomètres. À la différence près que dans les Grandes plaines, aux États-Unis, ces phénomènes sont encore plus violents puisque très souvent, on a des vents qui peuvent aller au-delà de 180 km/h et fort heureusement, un peu moins généralement chez nous.

On a vu sur les réseaux sociaux des photos de grêlons de la taille d'une balle de tennis. Comment expliquez-vous cette grosseur ?

Le cumulonimbus, c'est un nuage qui est très haut. La vapeur d'eau qui est en altitude va se transformer en glace. C'est ce qui va constituer le noyau de notre grêlon et ensuite, notamment avec les courants à l'intérieur du nuage, va avoir tendance à descendre aussi par la pesanteur. Et puis, en agrégeant toutes les gouttelettes d'eau qui sont sur son passage, et avec la température, ils vont immédiatement geler. En accumulant ces gouttelettes, ils vont grossir et frapper le sol avec de temps en temps des diamètres qui sont très importants.

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