Fermeture des refuges sur la voie normale du Mont-Blanc : le maire de Saint-Gervais "a totalement raison" selon le président de la compagnie des guides

Selon la compagnie des Guides du village, les "professionnels du tourisme" doivent s'adapter aux nouvelles conditions météorologiques de la montagne : "les gardiens de refuge qui doivent pouvoir ouvrir plus tôt et un peu plus tard dans la saison, quand les conditions redeviennent bonnes."

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Radio France
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Le Refuge du Goûter dans les Alpes a été fermé par le maire de Saint-Gervais (Haute-Savoie) à cause des risques de pierres dues aux fortes chaleurs. (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

Le maire de Saint-Gervais "a totalement raison" de fermer les refuges de Tête Rousse et du Goûter, qui permettent notamment l'ascension du Mont-Blanc, selon le président de la compagnie des Guides du village, Olivier Bégain. Alors que les risques de chutes de pierres massives dûes aux fortes chaleurs représentent un danger mortel, le guide de haute montagne s'insurge de voir encore des gens en montagne alors que les guides évitent le massif depuis trois semaines.

franceinfo : Êtes-vous d'accord avec la décision du maire de fermer les deux principaux refuges permettant l'accès au Mont-Blanc ?

Olivier Bégain : Il a complêtement raison. Mais nous ne montions plus au refuge du Goûter depuis trois semaines - il n'y a déjà plus de guide sur place, et la fréquentation est restée importante. Les gens qui montaient n'étaient pas forcément au niveau de la course : après il faut les secourir donc c'est une bonne décision que le maire a prise. La majorité des gens qui se trouvent encore en montagne sont des alpinistes qui sont montés sans guide car nous avons pris les dispositions nécessaires suffisamment tôt pour éviter qu'il y ait des accidents : c'est le propre des guides, on s'adapte et on propose d'autres voies.

Avez-vous déjà connu une telle fermeture ?

On a déjà connu des fermetures, notamment en 2003, mais elles étaient très sporadiques et exceptionnelles. Là, cela va faire un mois qu'on évite le secteur alors qu'on restait sur une semaine ou dix jours maximum avant. L'impact économique est important pour les professionnels : dans notre compagnie, le mont Blanc représente 70% de notre activité. Mais ce n'est pas qu'à nous de nous adapter, tous les professionnels du tourisme le doivent : les remontés mécaniques (nécessaires pour monter sur le massif), les gardiens de refuge qui doivent pouvoir ouvrir plus tôt et un peu plus tard dans la saison, quand les conditions redeviennent bonnes, par exemple. On peut même envisager des ascensions du Mont-Blanc en hivernales, ce que le matériel permet maintenant sans problème.

Quelles sont vos recommandations ?

On conseille aux gens de venir nous voir : qu'ils décident de s'accompagner d'un guide ou pas, notre porte est toujours ouverte pour venir discuter des conditions, qu'on leur explique ce qui est bon et moins bon, quels sont les risques. Le problème est qu'on ne voit absolument pas tous les gens qui sont actuellement en montagne et qui sont souvent mal préparés et mal équipés. Ça ne peut pas continuer comme ça.

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