Intempéries : les assureurs chiffrent les dégâts à plus de 600 millions d'euros

Les intempéries qui touchent le Centre et l'Ile-de-France depuis dimanche soir devraient coûter plus de 600 millions d'euros aux assureurs, selon les dirigeants de l'Association française de l'assurance. 

Des habitants nettoient leur maison après la crue à Monthou-sur-Bievre, près de Blois (Loir-et-Cher), le 3 juin 2016.
Des habitants nettoient leur maison après la crue à Monthou-sur-Bievre, près de Blois (Loir-et-Cher), le 3 juin 2016. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Les intempéries qui touchent le Centre et l'Ile-de-France depuis dimanche 29 mai devraient coûter plus de 600 millions d'euros aux assureurs, selon les dirigeants de l'Association française de l'assurance (AFA). "Il est probable que le coût ne sera pas inférieur à celui des inondations qui avaient touché la France en octobre 2015 avec des dommages de l'ordre de 600 millions d'euros, même si ces deux événements climatiques sont très différents", explique vendredi 3 juin Bernard Spitz, président de l'AFA. Toutefois, ce montant demeure indicatif, l'épisode pluvieux n'étant pas encore terminé et touchant de nombreux Français, précise Bernard Spitz. 

"La stagnation des eaux cause les dégâts les plus importants"

"Nous estimons, pour ce qui concerne la Maif, que le coût sera vraisemblablement de l'ordre de trois fois" celui des inondations de l'automne dernier, déclare Pascal Demurger, directeur général de l'assureur mutualiste et vice-président de l'AFA, prédisant un "bilan très lourd". Interrogé sur France Info pour savoir si cela signifiait que le coût total pour le secteur "serait 3 à 4 fois 600 millions d'euros", le dirigeant a répondu par l'affirmative, tout en soulignant qu'il n'y avait "pas encore de chiffres consolidés au niveau de la profession""Parce que trois fois pour les seuls particuliers, et sans doute qu'il y aura, du coté des entreprises, des dégâts beaucoup plus importants, avec, on le voit bien, des autoroutes fermées, des camions réfrigérés qui ont perdu leur marchandise, on a vu les déclarations de Guillaume Pepy s'agissant de la SNCF...", a-t-il détaillé. 

Le PDG de la SNCF a estimé vendredi que les intempéries auraient des "conséquences catastrophiques" pour le réseau ferré, et des dégâts qui se compteront selon lui en dizaines de millions d'euros.

Le directeur général de la Maif rappelle qu'il faut "prendre des photos des dégâts, conserver les objets endommagés jusqu'au passage de l'expert et essayer de réunir les justificatifs s'ils ne sont pas perdus". Le caractère plus grave des inondations actuelles s'explique par le fait que le phénomène est "extrêment étendu", alors qu'en octobre 2015 il était "très localisé sur une trentaine de communes" du Sud-Est, a expliqué Pascal Demurger. De plus, cette fois-ci, la décrue des eaux sera "très lente", or, "c'est précisément cette stagnation qui cause les dégâts les plus importants", a-t-il ajouté.

L'état de catastrophe naturelle décrété mercredi

Depuis le week-end dernier, le Centre et l'Ile-de-France sont touchés par des pluies exceptionnelles qui ont entraîné des inondations et une crue de la Seine, proche de ses plus hauts niveaux depuis plus de 34 ans à Paris.

Au total, 18 départements de la région parisienne, du centre de la France et de l'Est restent en alerte. Depuis le début de ces fortes précipitations, 20 000 personnes ont été évacuées et mises à l'abri par les secours et 18 000 foyers se trouvaient encore privés d'électricité vendredi en fin de journée.

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé que les représentants des assureurs se réuniraient lundi matin avec la secrétaire d'Etat chargée de l'aide aux victimes, Juliette Méadel, pour coordonner les indemnisations. Jeudi, le président de la République avait indiqué que l'état de catastrophe naturelle serait décrété mercredi pour les zones "les plus touchées", lors du prochain conseil des ministres.