Foyers privés d'électricité : comment éviter les intoxications au monoxyde de carbone avec des chauffages d'appoint ?

Un couple de septuagénaires a été retrouvé mort dimanche à Beauvoir-de-Marc (Isère), intoxiqué au monoxyde de carbone après avoir installé un groupe électrogène au sein de son domicile. 

Un détecteur de monoxyde de carbone.
Un détecteur de monoxyde de carbone. (MAXPPP)

Les autorités et services de secours appellent à la prudence dans la vallée du Rhône, où de nombreux foyers restent privés d'électricité en raison des intempéries. Dimanche 17 novembre, un couple de septuagénaires a été retrouvé mort à son domicile de Beauvoir-de-Marc (Isère), a annoncé la préfecture de l'Isère. Les victimes, privées d'électricité du fait des chutes de neige, avaient été intoxiquées au monoxyde de carbone après avoir installé un groupe électrogène à l'intérieur de leur maison, pour se chauffer pendant la nuit.

Avec les coupures d'électricité, qui touchaient encore 33 000 foyers en Rhône-Alpes dimanche soir, bon nombre d'habitants de la région branchent des groupes électrogènes et des chauffages d'appoint pour se chauffer. Non sans risque : entre vendredi soir et samedi, les pompiers de la Drôme et de l'Ardèche sont intervenus au moins cinq fois pour des intoxications au monoxyde de carbone, provoquées par ces chauffages d'appoint, a rapporté France Bleu Drôme-Ardèche.

Jamais à l'intérieur des habitations

En Ardèche comme en Isère, la préfecture et les pompiers ont diffusé ces derniers jours des conseils pour éviter toute intoxication. Dans un communiqué de presse, la préfecture de l'Ardèche rappelle qu'il ne faut "en aucun cas" utiliser un groupe électrogène à l'intérieur d'une habitation, "y compris dans des lieux tels que cave, garage ou remise". Le gaz est en effet susceptible d'y "trouver un itinéraire et [de] s'engouffrer dans l'habitation", a précisé auprès de BFMTV Robin Devogelaere, directeur de la communication d'Enedis. 

Il faut donc placer ces groupes électrogènes à l'extérieur des habitations, précise la préfecture de l'Ardèche. Sur Facebook, les sapeurs-pompiers de l'Isère précisent qu'il ne faut "jamais utiliser une cuisinière, un barbecue ou un brasero comme chauffage de secours", ou "laisser tourner le moteur d'une voiture dans un garage". Le chauffage d'appoint utilisé doit avoir "un dispositif de sécurité avec contrôle d'atmosphère".

Aérer son logement tous les jours

Pour éviter toute intoxication, les pompiers rappellent qu'il faut "chaque jour, renouveler l'air du logement, pendant au moins 10 minutes" – même par temps froid. Il est également nécessaire de "s'assurer que le logement dispose de grilles ou de bouches d'aération", de "dégager les aérations" et de "ramoner les conduits de cheminée, inserts et poêles" deux fois par an. Les pompiers de l'Isère recommandent en parallèle de "faire contrôler et entretenir chaque année les appareils de chauffage, les chaudières, cuisinières, chauffe-eau".

Ces derniers invitent les personnes utilisant ces chauffages d'appoint à "si possible, installer un détecteur de monoxyde de carbone conformes à la norme européenne EN50291". En cas d'utilisation d'appareils neufs fonctionnant au gaz naturel, ces derniers doivent "présenter le marquage CE et, pour certains appareils de cuisson haut de gamme, la marque NF GAZ". 

Dans le cas d'un "soupçon d'intoxication" au monoxyde de carbone, "aérez les locaux, arrêtez les appareils à combustion et évacuez les locaux, appelez les secours en composant le 15, le 18 ou le 112", précise la préfecture de l'Ardèche. Les autorités ajoutent qu'il faut attendre "l'avis d'un professionnel qualifié" avant de rentrer de nouveau dans les locaux concernés.