En images Scènes de désolation aux Philippines après le passage du super-typhon Rai

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La tempête de catégorie 5, la plus puissante de l'année 2021, a laissé derrière elle des scènes de désolation. Sur place, de nombreuses zones sont encore coupées du monde et l'armée a dû être déployée.

Le bilan ne cesse de s'alourdir. Aux Philippines, le passage du typhon Rai le 16 décembre a causé d'importants dégâts matériels et provoqué la mort d'au moins 375 personnes. Dans les îles du centre et du sud-est de l'archipel, particulièrement touchées, des centaines de milliers d'habitants attendent encore l'aide d'urgence au milieu de leurs maisons en ruine. Franceinfo vous propose de découvrir en images l'étendue du désastre. 

Des rafales de vent à près de 200 km/h

Le cyclone tropical Rai, désigné sous le nom d'Odette aux Philippines, est la plus forte tempête à frapper l'archipel cette année. Pendant 48 heures, les vents violents ont atteint des pointes allant jusqu'à 195 km/h, arrachant des toits et déracinant des arbres. Sur place, le Coordinateur humanitaire de l'ONU, Gustavo Gonzalez, a décrit une situation catastrophique, avec des pluies torrentielles qui ont provoqué de nombreux glissements de terrain. 

Au total, le typhon a touché neuf fois terre, dans les provinces de Surigao del Norte, des îles Dinagat, de Leyte du Sud, de Bohol, de Cebu, de Negro Oriental et de Palawan. Sur Twitter, un habitant de la banlieue de Cebu a montré son quartier et sa maison dévastés par le cyclone.

Le centre-ville de Cebu et ses immeubles de bureaux n'ont pas été épargnés. Vitres brisées, lignes électriques coupées : le typhon Rai a plongé dans le noir de nombreux quartiers, alors que les inondations continuent, jeudi 23 décembre, à perturber fortement le réseau d'eau courante.

"Près d'une semaine après le typhon, les maisons sont détruites, les rues sont bloquées, le danger est partout", a alerté sur Twitter Angeli Cantillana, responsable de la communication de Greenpeace Philippines, à propos de la ville de Surigao, dans l'est de l'archipel. D'après les autorités locales, la remise en état des infrastructures essentielles prendra plusieurs mois dans les zones les plus touchées.  

L'aide humanitaire progresse difficilement

Suivant les avis de tempête, plus de 300 000 personnes avaient fui leur domicile pour se réfugier dans des bâtiments plus sûrs et des zones moins exposées. Un exode salutaire pour certains, car plusieurs villages ont été "écrasés" par le typhon rapporte la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), qui souligne l'effet "bulldozer" de la tempête.

Les coupures d'électricité et l'interruption des télécommunications ralentissent la remontée des informations, ce qui laisse craindre un bilan humain encore plus élevé. Plus de 18 000 soldats, policiers et garde-côtes ont été dépêchés pour évacuer les sinistrés et acheminer l'aide d'urgence, en priorité de la nourriture et de l'eau potable. 

Avec cette présence des militaires et des forces de l'ordre, les autorités locales espèrent aussi éviter les pillages de magasins et de logements, qui ont eu lieu de manière sporadique. Plusieurs régions enclavées n'ont reçu qu'une aide très limitée, qui doit parfois être acheminée par hélicoptère.

Les appels aux dons se multiplient

Face à l'ampleur de la catastrophe, les moyens de l'Etat philippin ne suffisent pas et de nombreuses organisations humanitaires sont mobilisées pour mettre en sécurité les familles sinistrées. Sur son site (lien en anglais), la Croix rouge philippine précise qu'elle a un besoin urgent d'équipements de sauvetage, de tentes médicales, de sacs de couchage et de moustiquaires. L'ONG Care Philippines alerte quant à elle sur la nécessité de fournir aux familles des ustensiles de cuisine et des abris temporaires.

A ces campagnes d'ONG s'ajoutent d'inombrables appels au secours de citoyens philippins sur les réseaux sociaux, pour venir en aide à leurs familles ou à leurs villages en grande partie détruits. 

Les conséquences de ce cyclone tropical risquent de peser lourd sur l'économie locale. "Ce typhon est bien pire pour nous que la pandémie", a expliqué à l'AFP Anton Alvarez, propriétaire d'un complexe hôtelier sur l'île de Siargao. Pour les professionnels du tourisme, cette catastrophe naturelle intervient à une période cruciale, car les vacances de Noël représentent habituellement un pic de fréquentation des stations balnéaires aux Philippines.

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