VIDEO. Qu'est-ce que le phénomène "El Niño côtier", qui dévaste le Pérou ?

A la différence de son cousin El Niño, qui affecte l'ensemble de la planète, le phénomène climatique que les experts péruviens ont baptisé "El Niño côtier" ne frappe que le Pérou et l'Equateur. 

FRANCEINFO

Les pluies diluviennes qui s'abattent sur le Pérou depuis la fin du mois de janvier sèment encore le chaos. Lundi 20 mars, 75 personnes avaient trouvé la mort, selon l'Institut national de défense civile du Pérou (Indeci). Sur les quelque 625 000 personnes affectées par ces intempéries, 70 000 ont perdu leur domicile, emporté dans des coulées de boue et des glissements de terrain.

"Le nord du Pérou n'a pas connu une telle situation depuis la fin des années 1990", estime Walter Cotte, directeur régional de la Croix-Rouge internationale pour les Amériques. A l'époque, les intempéries étaient liées au phénomène El Niño, un courant marin chaud qui, tous les deux à sept ans, vient perturber le climat mondial, provoquant des pluies diluviennes sur une partie du globe et des sécheresses dramatiques sur une autre. Toutes les régions sont alors affectées, avec plus ou moins d'intensité.

Cette année, la catastrophe naturelle a pour origine une autre variante du phénomène. Baptisé "El Niño côtier" par les spécialistes péruviens, il frappe une zone précise (ici le Pérou et l'Equateur), mais ne touche pas nécessairement le reste du globe. Pourtant, certains scientifiques s'inquiètent.

La température du Pacifique atteint 29°C  

Le réchauffement anormal de l’océan Pacifique sur cette zone côtière qui longe le Pérou et l'Equateur a commencé à la mi-janvier. Les températures maximales de l'océan ont atteint les 29°C, contre 25°C en temps normal, explique Rodney Martinez, le directeur de l'institut météorologique local cité par la BBC (lien en espagnol). Selon ses prévisions, les pluies devraient se poursuivre jusqu'à la fin du mois d'avril. 

Les spécialistes différencient ce "El Niño côtier" du phénomène traditionnel. Cependant, "tout ce qui arrive sur le Pacifique oriental affecte la pression atmosphérique dans le Pacifique et pourrait contribuer à la formation potentielle d'El Niño", poursuit Rodney Martinez. 

Ainsi, plusieurs agences scientifiques (lien en anglais) estiment qu'un nouvel épisode El Niño a environ 50% de chance de survenir en 2017, dans la foulée de celui survenu fin 2015-début 2016, et qualifié de "Godzilla", en raison de son intensité. Avec le réchauffement climatique, les spécialistes envisagent d'ailleurs la possibilité que les phénomènes El Niño soient de plus en plus fréquents. 
 

Deux hommes aident un individu à traverser le fleuve Rimac, devenu un torrent de boue, à Lima (Pérou), dimanche 19 mars 2017. 
Deux hommes aident un individu à traverser le fleuve Rimac, devenu un torrent de boue, à Lima (Pérou), dimanche 19 mars 2017.  (MARIANA BAZO / REUTERS)