Vidéo "Faire du solaire en France, c'est juste de la bêtise" : les énergies renouvelables n'ont pas toujours été "la tasse de thé" des dirigeants d'EDF

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Complément d'enquête / France 2

Y aura-t-il du chauffage (électrique) jusqu'au printemps ? Pour RTE, le gestionnaire du réseau, en cas de vague de froid de 4 degrés en dessous des normales, des coupures de courant ne peuvent pas être exclues pour les Français. Et pour passer l'hiver, ne comptez pas sur les panneaux solaires et les éoliennes d'EDF : ils pèsent bien peu par rapport à l’électricité produite dans les centrales nucléaires. La conséquence de certains choix stratégiques, voire d'un "mépris" du renouvelable, questionne cet extrait de "Complément d'enquête". 

Les éoliennes offshore de Saint-Nazaire, qui peinent à sortir de mer, seraient-elles représentatives du retard de la France en matière d'énergies renouvelables ? Les renouvelables, pendant longtemps, on n'y croyait guère chez le fournisseur historique d'énergie en France, EDF. Son PDG de 2009 à 2014, Henri Proglio, le reconnaît sans difficulté dans "Complément d'enquête" : "Ce n'est pas ma tasse de thé, j'en ai fait parce qu'il fallait en faire." 

Les choses ont-elles évolué ensuite, à partir de la nomination du nouveau PDG, Jean-Bernard Lévy ? Avec Cap 2030, le plan pour la transition énergétique lancé en 2015, EDF proclamait "accélérer le développement des énergies renouvelables". Mais dans les coulisses de l'entreprise, le discours aurait été un peu différent, se souvient Gérard Magnin, un ancien administrateur.

"En France, il ne fallait pas trop déranger le système avec les renouvelables, c'était un petit peu ça…"

Gérard Magnin, ancien administrateur EDF

à "Complément d'enquête"

Nommé au conseil d'administration d'EDF en 2014 par le gouvernement de François Hollande, ce défenseur de la transition énergétique comprendra vite (il finira par démissionner) qu'au sommet de l'entreprise, les énergies renouvelables n'ont pas particulièrement la cote. Il se rappelle y avoir entendu ce genre de propos : "Nous sommes une entreprise nucléaire" ou "Notre problème, ça va être la concurrence des énergies renouvelables"… On préfère d'ailleurs les appeler "énergies intermittentes subventionnées" – preuve, selon lui, d'un "certain mépris pour les énergies renouvelables". 

Selon Gérard Magnin, "même le directeur, à l'époque, des énergies renouvelables, n'était pas du tout convaincu que le solaire et l'éolien avaient une pertinence". Il l'a rencontré au moment du lancement du projet Cap 2030. "Il m'a dit quelque chose du genre 'Faire du solaire en France ou en Europe occidentale, c'est juste de la bêtise'", se souvient-il dans "Complément d'enquête".

Extrait de "EDF : un géant sous tension", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 27 janvier 2022.

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