Réchauffement climatique : en Finlande, les scolytes s'enfoncent toujours plus au nord et ravagent les forêts boréales

Ces coléoptères creusent pour pondre leurs œufs et dévorent absolument tout autour des conifères, finissant par les tuer en empêchant l'eau et les nutriments venant du sol d'atteindre les branches en hauteur.
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France Télévisions
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Une forêt boréale en Finlande, le 6 octobre 2022. (OLIVIER MORIN / AFP)

Ils mettent en danger des forêts boréales aussi précieuses pour la planète que la forêt amazonienne. Les scolytes, de petits insectes de couleur marron, ravagent les conifères toujours plus au nord en Finlande, du fait du réchauffement climatique. Ils s'en prennent aux Picea abies, l'une des espèces d'arbres les plus répandues en Finlande, et détruisent lentement des bois entiers.

Des morceaux de leur écorce se décollent, des brindilles tombent des branches mortes... Les coléoptères creusent pour pondre leurs œufs et dévorent absolument tout autour des conifères, finissant par les tuer en empêchant l'eau et les nutriments venant du sol d'atteindre les branches en hauteur.

"Ces insectes ont fait des ravages à travers l'Europe centrale et orientale, surtout à partir de 2018", déclare à l'AFP Markus Melin, un scientifique de l'Institut des ressources naturelles de Finlande. Le risque de voir cette épidémie s'étendre est "beaucoup plus élevé désormais" à cause du réchauffement climatique, affirme-t-il. "Nous devons l'accepter et nous adapter. Les choses changent très vite."

Des arbres déjà affaiblis par de fortes chaleurs

"C'est un phénomène bien connu : les scolytes des conifères sont l'une des espèces qui profitent le plus du réchauffement climatique pour se répandre", poursuit Markus Melin.

Ces coléoptères choisissent les arbres déjà affaiblis par des étés torrides et manquant d'eau. Les hivers de plus en plus chauds et l'absence de sols gelés rendent difficile la protection des arbres face aux tempêtes.

Le réchauffement climatique accélère en outre le cycle de vie des scolytes. "Leur taux de mortalité baisse et ils se reproduisent bien plus vite", déplore Markus Melin. S'ils choisissent d'abord les arbres les plus faibles, les scolytes s'en prennent aussi aux arbres en bonne santé une fois qu'ils sont assez nombreux. 

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