Météo : quatre questions sur le premier pic de chaleur de l'été en France

L'Hexagone va connaître, à partir de mercredi, sa première vague de chaleur. S'il ne s'agit pas à proprement parler d'une canicule, la température pourrait monter jusqu'à 35 °C.

Des Bordelais profitent de la réouverture du miroir d\'eau, le 22 juin 2020 à Bordeaux (Gironde).
Des Bordelais profitent de la réouverture du miroir d'eau, le 22 juin 2020 à Bordeaux (Gironde). (MAXPPP)

L'été arrive. La France connaît, à partir du mercredi 24 juin, son premier pic de chaleur de l'année 2020, avec des températures supérieures à 30 °C dans l'Hexagone, voire 35 °C localement, avertit Météo France. Une première depuis l'épidémie de coronavirus et la généralisation du port du masque. Franceinfo fait le point sur ces premières chaleurs.

Quelles sont les températures attendues ?

Les températures sont repassées au-dessus des normales de saison dès lundi. "Mardi, les températures atteignent généralement 26 à 30 °C sur la moitié nord, 28 à 33 °C sur la moitié sud", d'après Météo France, avec une chaleur particulièrement marquée dans les plaines du Sud-Ouest. "Mercredi, jeudi et vendredi seront les trois journées les plus chaudes", avec un mercure atteignant ou dépassant les 30 °C "sur la plupart des régions". "On atteindra très souvent 32 à 34 °C du Sud-Ouest à l'Ile-de-France ainsi que sur les régions proches de la vallée du Rhône, indique encore Météo France. Le seuil des très fortes chaleurs (35°C) pourrait être dépassé localement."

Peut-on parler de "canicule" ?

Non. "A Météo France, on fait bien la différence entre les deux, a expliqué mardi sur franceinfo le prévisionniste Patrick Galois. Cela tient sur la durée, un pic de chaleur dure un ou deux jours, une canicule, c'est trois jours de suite avec des températures qui dépassent certains seuils le jour et la nuit."

Quel est le lien avec le changement climatique ?

Interrogé sur franceinfo, Patrick Galois estime que la récurrence de ces vagues de chaleur "est tout à fait une conséquence du réchauffement climatique""Avant, on pouvait avoir ces pics de chaleurs dans les années 1970, Mais c'était beaucoup plus occasionnel : une ou deux fois par décennie. Maintenant, cela arrive un an sur deux parfois davantage, cela se multiplie", constate-t-il. Et de rappeler :

En France, le mois de juin sera le 13e mois consécutif au-dessus de la normale. Une série aussi longue n'avait jamais été observée.Patrick Galoisà franceinfo

Cette vague de chaleur s'inscrit dans une tendance lourde. 2019 avait été la troisième année la plus chaude en France métropolitaine – après 2018 et 2014 –, marquée par deux épisodes exceptionnels de canicule et un record absolu de 46 °C. 2020 s'inscrit dans la même tendance, avec un hiver qui a connu des records de douceur et un printemps qui a été le deuxième plus chaud jamais enregistré en France. Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur pourraient être deux fois plus nombreuses d'ici 2050, prévient Météo France.

Le masque est-il compatible avec la chaleur ?

Porter un masque en tissu par forte chaleur n'est pas une expérience très confortable. Mais, contrairement au Covid-19, ce n'est pas dangereux, selon une revue d'études menée par l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail. Cet institut québécois s'est penché sur le cas des personnes qui évoluent dans des environnements professionnels où il fait très chaud. "La majorité des études montrent que le port d'un masque de procédure ne s'accompagnerait pas d'une augmentation mesurable de la température interne du corps, indique-t-il. En effet, la surface du visage recouverte par le masque ne représente qu'un faible pourcentage de la surface totale du corps."

En revanche, le masque augmente bien la température de la partie du visage recouverte et l'inconfort qui en résulte peut "compromettre le port adéquat du masque". L'organisme recommande donc notamment de choisir "un masque conçu avec un matériau le plus respirable possible", bien ajusté à la forme et à la taille du visage et d'en changer lorsqu'il devient humide à cause de la respiration ou de la transpiration.