"L'océan suffoque" : des chercheurs trouvent une immense "zone morte" dépourvue d'oxygène dans le golfe d'Oman

Selon une étude, cette "zone morte" située dans la mer d'Arabie empêche toute existence de vie marine.

L\'île de Sawadi dans le golfe d\'Oman, le 14 février 2017.
L'île de Sawadi dans le golfe d'Oman, le 14 février 2017. (ARTUR WIDAK / NURPHOTO)

"Nos recherches montrent que la situation est pire que ce qu'on craignait, et que la zone morte est grande et continue à s'étendre. L'océan suffoque", déplore Bastien Queste, un scientifique de l'université britannique d'East Anglia. Avec plusieurs collègues, il a publié vendredi 27 avril une étude (en anglais) dans la revue Geophysical Research Letters, dans laquelle il affirme avoir découvert une "zone morte" plus grande que l'Ecosse, dans le golfe d'Oman.

Les zones mortes ou hypoxiques sont des régions océaniques où le taux d'oxygène est très faible, ce qui provoque l'asphyxie de la flore et de la faune marines. Elles se développent naturellement dans certaines régions du monde entre 200 et 800 mètres de profondeur mais elles sont aggravées par le réchauffement des océans, l'eau plus chaude contenant moins d'oxygène, et par les engrais et les eaux usées qui s'y déversent, explique le communiqué de l'étude.

"Une zone plus grande que l'Ecosse"

Pour évaluer la situation dans le golfe d'Oman, l'équipe de scientifiques d'East Anglia et de l'université Sultan Qaboos d'Oman a envoyé pendant huit mois des robots sous-marins de la taille d'un humain, qui peuvent plonger jusqu'à 1 000 mètres et couvrir des milliers de kilomètres. "Ils ont trouvé une zone plus grande que l'Ecosse où il ne reste presque plus d'oxygène", résume l'université East Anglia. Une situation peu connue car, à cause d'échantillons insuffisants, les modèles climatologiques surestiment "les concentrations d'oxygène et probablement sous-estiment la dénitrification" (perte en azote), note l'étude.