Exploitation des hydrocarbures : des chercheurs identifient plus d'un millier de fuites majeures de méthane dans le monde

Une étude a permis d'identifier 1 200 panaches majeurs, dont le coût climatique est équivalent à la circulation de 20 millions de véhicules par an.

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Des pompes dans un champ d'extraction pétrolière, le 3 novembre 2021 près de McKittrick, dans l'Etat américain de Californie. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA VIA AFP)

C'est une première mondiale. Une équipe internationale de chercheurs est parvenue à évaluer les émissions massives de méthane, un gaz à effet de serre, dues à l'exploitation des hydrocarbures, en s'appuyant sur l'imagerie satellite. Cette étude a notamment permis d'identifier des "centaines de fuites majeures" liées à l'exploitation mondiale du pétrole et du gaz. Les travaux ont été pilotés par le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CNRS-CEA-UVSQ) associé à la société Kayrros, précise un communiqué commun, publié jeudi 3 février.

>> On vous explique ce qu'est le méthane, l'autre gaz à effet de serre qui réchauffe le climat

Pendant deux ans, les chercheurs ont analysé des milliers d'images produites chaque jour par le satellite Sentinel-5P de l'Agence spatiale européenne (ESA). Ce travail minutieux leur a permis de cartographier 1 800 panaches de méthane sur l'ensemble de la planète, dont 1 200 ont pu être attribués à l'exploitation d'hydrocarbures.

Des scientifiques se sont appuyés sur l'imagerie satellite pour identifier des centaines de fuite majeures de méthane dans les principaux pays producteurs d'hydrocarbure. (KAYRROS / ESRI / HERE / GARMIN / FAO / NOAA / USGS)

Les inventaires classiques ont tendance à sous-estimer les émissions de méthane liées à l'extraction et à la distribution du pétrole et du gaz. Cet écart avec les données réelles est dû notamment à "des rejets sporadiques non déclarés de grandes quantités de méthane par les exploitants de la filière", qu'ils soient accidentels ou liés à des opérations de maintenance. En prenant en compte "les coût sociétaux" (climat, qualité de l'air...) et "le prix du gaz perdu", les pays concernés auraient pourtant tout intérêt à résoudre le problème. S'ils faisaient l'effort de les colmater, explique l'étude, le bénéfice climatique et économique – direct ou indirect – pourrait se chiffrer "en milliards de dollars".

La partie visible de l'iceberg

Selon l'équipe internationale de chercheurs, ces fuites majeures de méthane ont les mêmes conséquences sur le climat que la circulation de 20 millions de véhicules pendant un an. Et leur bilan pourrait encore être sous-évalué, car le satellite n'est "capable de détecter de manière systématique que les panaches les plus massifs, qui sont aussi les plus intermittents". Quid donc, des fuites plus petites ? Ces observations, en réalité, ne sont que la partie visible de l'iceberg.

Les émissions de ce gaz à effet de serre (CH4) contribuent de manière significative au dérèglement climatique, puisque son pouvoir de réchauffement sur 100 ans est environ 30 fois supérieur à celui du CO2. Un quart des émissions de méthane dues à l'homme provient de l'exploitation mondiale du charbon, du pétrole et du gaz naturel, dont le CH4 est le principal composant. L'étude souligne donc l'importance de mettre en place "un système de surveillance atmosphérique fiable" qui permette de "suivre les émissions" et "d'estimer l'impact de mesures locales visant à les réduire".

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