En marge du G7, une "marche des portraits" à Bayonne pour dénoncer "l'inaction climatique" du gouvernement

Du 24 au 26 août, le G7 réunira, à Biarritz, les dirigeants des sept pays les plus riches du monde. L'occasion pour certains mouvements écologistes de faire entendre leur voix.

Une opération de décrochage du portrait d\'Emmanuel Macron par des militants d\'ANV-COP21, dans la mairie de Lingolsheim (Bas-Rhin), le 29 juillet 2019.
Une opération de décrochage du portrait d'Emmanuel Macron par des militants d'ANV-COP21, dans la mairie de Lingolsheim (Bas-Rhin), le 29 juillet 2019. (CHRISTOPH DE BARRY / HANS LUCAS / AFP)

Les dirigeants du G7 ne sont pas les seuls à se réunir sur la côte basque durant le sommet qui se tient à Biarritz du 24 au 26 août. Plusieurs rassemblements, dont certains anti-G7, sont également prévus. Parmi eux, une "marche des portraits" part du vieux Bayonne dimanche 25 août à 10 heures. 

Organisée par les mouvements Alternatiba, Action non violente COP21 (ANV-COP21) et Bizi !, cette manifestation "pour le climat et la justice sociale" devait être ponctuée par une conférence de presse visant à dresser "le bilan de la politique économique et sociale du gouvernement, qui n’est pas à la hauteur des urgences climatiques", explique à franceinfo Pauline Boyer, porte-parole d'ANV-COP21. 

"Une tribune en or"

Les sept dirigeants des pays les plus riches de la planète ainsi que plusieurs délégations étrangères sont présentes lors du sommet. De nombreux médias internationaux sont également de la partie. L'occasion, pour les membres d'ANV-COP21, de saisir "une tribune en or", indique Nicolas, condamné en mai dernier en première instance à 500 euros d'amende avec sursis par le tribunal de Bourg-en-Bresse (Ain) pour avoir décroché le portrait du président de la République.

Comme lui, plusieurs militants ont pris part à l'opération d'ANV-COP21, nommée "Décrochons Macron". Lancée le 21 février, cette campagne est menée dans le sillage de "L'Affaire du siècle", la pétition lancée par quatre ONG appelant à une action en justice contre l'Etat français pour "inaction climatique". En tout, 127 portraits officiels d'Emmanuel Macron ont été "réquisitionnés", selon le terme employé par le mouvement. 

Du "greenwashing"

Pour Félix, cette manifestation en marge du G7 est "extrêmement symbolique et d'autant plus que les nations présentes sont pour la plupart des responsables historiques du dérèglement climatique". Le jeune homme, engagé depuis un an et demi auprès d'Alternatiba et d'ANV-COP21, comparaîtra à Paris le 11 septembre pour avoir lui aussi décroché un portrait. Pour lui, cette marche est le moyen de montrer que "le vernis vert appliqué à la politique du gouvernement craque sur la scène nationale".

Les militants interrogés par franceinfo dénoncent l'image de "champion de la Terre" du président français, titre qui lui a été décerné en septembre 2018 par le Programme des Nations unies pour l'environnement. "On veut rappeler que cette image écolo qu'entretient avec pas mal de succès Emmanuel Macron à l’international est purement du 'greenwashing'", ajoute Nicolas. Parmi les décisions décriées : la prolongation de l’autorisation du glyphosate ou encore le financement des énergies fossiles.  

Des procès à venir

Au départ, ANV-COP21 s'était fixé, en vue du G7, l'objectif de 125 portraits décrochés pour symboliser les 125 jours qu'il aura fallu à la France pour atteindre son "jour du dépassement", qui désigne le jour où la consommation de l’humanité dépasse les ressources renouvelables disponibles sur Terre. La manifestation prévue ce dimanche est l'occasion de ressortir certains de ces portraits, qui n'ont jamais été rendus. Les organisateurs ont également demandé aux manifestants d'apporter d'autres cadres emballés pour créer la confusion : l'idée est "d'acheminer les portraits réquisitionnés sans qu’on se les fasse prendre par les forces de l’ordre", explique Pauline Boyer. 

Depuis le début de l'opération "Décrochons Macron", 142 personnes ont été auditionnées et 89 placées en garde à vue. Seize procès ont ou vont avoir lieu, impliquant 49 prévenus, d'après les chiffres d'ANV-COP21. Selon Pauline Boyer, qui comparaîtra elle aussi à Paris le 11 septembre, les actions vont se poursuivre.