Yann Arthus-Bertrand : "Je suis catastrophé par nos hommes politiques"

"Je crois que je vote Verts beaucoup plus par romantisme qu'efficacité", a précisé le réalisateur et photographe, mardi, lors d'un chat sur francetv info.

Le réalisateur Yann Arthus-Bertrand, dans la rédaction de francetv info, le 29 septembre 2015.
Le réalisateur Yann Arthus-Bertrand, dans la rédaction de francetv info, le 29 septembre 2015. (ELODIE DROUARD / FRANCETV INFO)
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Il parle sans détour, et répond à ses détracteurs. A l'occasion de la diffusion de son nouveau film Human, sur France 2, mardi 29 septembre, Yann Arthus-Bertrand a répondu aux questions des internautes de francetv info. Qu'elles portent (évidemment) sur son nouveau long métrage, sur la COP21, sur ses futurs projets ou sur de vieilles polémiques, le réalisateur et photographe n'a pas fait dans la langue de bois.

Sur la vie politique française : "Je suis catastrophé
par nos hommes politiques"

Interrogé sur la nature de son engagement et sur sa volonté de se lancer ou non en politique, Yann Arthus-Bertrand a assuré que l'idée ne l'intéressait pas : "Je pense qu'un bon photographe ou réalisateur ne fait pas un bon homme politique, ma réponse est donc 'non'. Et je suis catastrophé par nos hommes politiques, surtout chez les Verts. Je crois que je vote Verts beaucoup plus par romantisme qu'efficacité."

Sur la COP21 : "Hollande, Fabius, Royal et Hulot
font un très bon boulot"

A deux mois de la COP21, qui doit se tenir à Paris, le réalisateur a félicité le gouvernement et Nicolas Hulot, l'envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète. Il a également estimé que le président était sincère dans sa démarche. "Je pense que Hollande, Fabius, Royal et Hulot font un très bon boulot et que c'est vraiment un objectif fondamental pour Hollande."

Il a toutefois souligné que l'action politique avait d'importantes limites. "La décroissance ne peut pas être inscrite dans un schéma politique français, c'est complètement inaudible."

Sur son soutien à la Coupe du monde au Qatar : "J'ai fait une connerie"

Le réalisateur a indiqué que les questions sur ses liens avec le Qatar étaient récurrentes, depuis des années. L'émirat a en effet participé au budget de son précédent film, Home. Yann Arthus-Bertrand s'en est expliqué : "En faisant Home, j'avais épuisé mon budget et je n'avais pas fini mon film. Donc nous avons vendu à la fondation du Qatar, pour un million d'euros, le droit de diffuser le film gratuitement dans tous les pays de langue arabe, une vingtaine. Ils l'ont doublé en arabe."

Une question a également été posée sur son soutien à la Coupe du monde de football au Qatar. "J'ai fait une connerie, a-t-il reconnu. J'ai naïvement donné mon soutien car je trouvais l'initiative bien. Je l'ai fait sans aucune rémunération, en mon âme et conscience, en croyant bien faire. Je n'avais pas compris que les stades seraient climatisés. Donc c'est une bêtise que j'assume."

Sur la crise des migrants ? "On va peut-être faire un film"

De nombreuses questions ont porté sur ses futurs projets. Une suite de Human est-elle déjà prévue ? "On y pense", a-t-il répondu. Et à un autre internaute qui lui demandait s'il comptait faire un film sur la crise des migrants, il a assuré avoir déjà des images pour en faire un. "Nous avons tourné à Melilla, une enclave espagnole au Maroc, à Lampedusa (Italie), à Calais et dans les centres d'hébergement à Paris. On a de quoi faire un sujet beaucoup plus long que ce qu'on a mis dans le film, et peut-être qu'on va le faire."

Il a également souligné que les migrations étaient, à ses yeux, un sujet capital : "C'était pour moi un des sujets les plus importants du film, comprendre pourquoi on quitte sa famille, son pays, les gens qu'on aime, pour chercher une vie meilleure."

Sur son nouveau film : "Je pense que toute l'équipe a été transformée par le tournage de 'Human'"

Human a "coûté 11 millions d'euros. C'était à peu près le même budget que pour Home. Pour comparaison, la moyenne d'un film américain, c'est 100 millions de dollars", a précisé le réalisateur.

Si le budget est modeste, les images et les rencontres ont été nombreuses, et les préparatifs plutôt longs. "Il y a eu un an de préparation, deux ans et demi de tournage et un an et demi de montage. (...) On a fait 2 020 interviews d'environ une heure en posant des questions souvent intimes. Je pense que toute l'équipe a été transformée par ce tournage."