COP21 : l'ambiance électrique au Bourget, en trois citations

La journée de jeudi a été particulièrement tendue sur le site de la COP21, alors que de nombreux négociateurs déplorent des progrès trop lents.

Le président chinois, Xi Jinping, acteur clé des négociations sur le climat, arrive pour la session plénière sur le site de la COP21, au Bourget (Seine-Saint-Denis), le 30 novembre 2015.
Le président chinois, Xi Jinping, acteur clé des négociations sur le climat, arrive pour la session plénière sur le site de la COP21, au Bourget (Seine-Saint-Denis), le 30 novembre 2015. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le ton monte à la COP21. Alors qu'un nouveau projet d'accord provisoire a été publié, vendredi 4 décembre, les négociations se sont tendues entre les différentes parties prenantes. La journée de jeudi a vu plusieurs représentants exprimer publiquement leur frustration face aux progrès trop lents des négociations.

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Les pays en développement, en particulier, accusent les pays riches d'ignorer leurs inquiétudes et de ne pas fournir d'efforts suffisants sur le financement de la transition écologique. Les pays en voie de développement veulent que les 100 milliards de dollars par an promis d'ici 2020 par les pays du Nord leur soient effectivement versés, et que cette enveloppe soit régulièrement revue à la hausse. Ambiance, en trois citations.

"Je suis profondément inquiet, à court de mots. Je fais ça depuis des années et, là, ça ne va pas du tout"

"Le message que nous recevons des pays développés" en matière de soutiens financiers pour l'adaptation aux changements climatiques, "c'est qu'il n'y a rien", a lancé, furieux, le délégué bolivien Juan Hoffaister, au nom du groupe "G77 + Chine", qui représente les pays en développement dans les négociations. Se disant "profondément inquiet" et "profondément déçu", il a dénoncé la "mauvaise foi" des pays développés. Les Etats-Unis en particulier seraient visés.

"Ça passera ou ça cassera sur la question des financements"

L'ambassadrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko, présidente du "G77 + Chine", a appuyé le message lors d'une conférence de presse. Le G77, qui regroupe aujourd'hui 134 pays, estime que ses membres ont beaucoup moins contribué que les pays développés aux émissions de gaz à effet de serre. Ils veulent que ces derniers les aident à financer leur transition énergétique et à s'adapter aux conséquences du réchauffement climatique. Même si certains membres du G77, comme la Chine et l'Inde, font désormais partie des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.

"Pointer les autres du doigt et dire 'Vous êtes coupables et nous sommes les gentils' n'aide pas"

Le négociateur norvégien Aslak Brun a tenté de remettre les pendules à l'heure, estimant que les négociations se heurtaient à "des positions très dures de tous les côtés" et appelant à "accélérer collectivement"

Les ministres de tutelle des différents pays doivent arriver lundi 7 décembre pour reprendre les négociations après une phase menée par les équipes de négociateurs.