Connaissez-vous la différence entre "météo" et "climat" ?

La "météo" fait référence aux conditions quotidiennes de l’atmosphère – la température maximale, la quantité de couverture nuageuse, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les précipitations. Le "climat", quant à lui, décrit les conditions atmosphériques moyennes sur plusieurs années.

Un skieur sur les pentes du Sacré-Cœur à Montmartre, le 6 février 2018 à Paris.
Un skieur sur les pentes du Sacré-Cœur à Montmartre, le 6 février 2018 à Paris. (DENIS MEYER / HANS LUCAS)

Jennifer Fitchett, auteure de cet article, est maître de conférences en géographie physique à l'University of the Witwatersrand (Afrique du Sud). Elle a reçu des financements de la Society of South African Geographer’s Centenary Award for Emerging Career Researchers, et du DST-NRF Centre of Excellence for Palaeoscience. La version originale de  cet article a été publiée sur le site The Conversation dont franceinfo est partenaire.


Alors que le mois de janvier touche à sa fin, la neige a recouvert de larges étendues en Europe et aux Etats-Unis, où des avis de tempêtes hivernales ont été lancées dans plusieurs Etats. Le président nord-américain Donald Trump, qui affiche allègrement son climatoscepticisme, a suggéré sur Twitter qu’"une petite dose de ce bon vieux réchauffement climatique" serait bienvenue.

Trump tombe ici dans le même piège que beaucoup d’entre nous : confondre "climat" et "météo". Les tempêtes de neige et la vague de froid qui s’abattent en ce moment sur les Etats-Unis relèvent de la météo – ils vont durer de quelques jours à quelques semaines au maximum, mais finiront par s’arrêter pour laisser le champ aux ciels bleus et plus tard à un été chaud.

Cette confusion est récurrente. Où se situe donc la différence entre "météo" et "climat" ?

De manière très simple, la "météo" fait référence aux conditions quotidiennes de l’atmosphère – la température maximale, la quantité de couverture nuageuse, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les précipitations. Le "climat", quant à lui, décrit les conditions atmosphériques moyennes sur de plusieurs années – la quantité annuelle moyenne de pluie, la direction du vent prédominante, ou la saison au cours de laquelle la pluie est susceptible de tomber. Calculer un record "climatique" requiert au minimum trente ans de données, selon l’Organisation météorologique mondiale.

Cela signifie-t-il que la pluie, le soleil, le vent, les jours chauds et les nuits froides des 29 dernières années se réduisent à de la "météo" ? Pas vraiment.

Notre garde-robe fournit une analogie utile pour bien comprendre cette distinction.

Comment vais-je m’habiller ?

Dans cette comparaison, la météo peut être comparée aux vêtements que l’on choisit de porter un jour donné. J’écris cet article d’Afrique du Sud, où janvier et février constituent les mois de l’été les plus chauds de l’année. A cette période, les Sud-Africains portent des shorts, des tee-shirts, des robes d’été, des sandales, des tongs ou encore des chapeaux. Il apparaît très peu probable que je porte aujourd’hui un chaud manteau d’hiver, des bottes, une écharpe ou un bonnet.

De tels vêtements conviendront en revanche à l’hiver sud-africain – j’y ajouterai un pantalon chaud, un tee-shirt à manches longues et peut-être même un Damart à la mi-juillet.

Si le temps s’adoucit demain, avec un risque de pluie, je porterai des chaussures fermées et un léger chandail. S’il fait plus chaud, je pourrai aller à la plage ou à la piscine vêtue d’un maillot de bain et d’une serviette. Bref, ce que nous portons varie d’un jour à l’autre.

Le climat, pour sa part, peut être envisagé comme le contenu de notre garde-robe. Celle-ci est formée d’une multiplicité de vêtements, certains adaptés à l’été, d’autres à l’hiver. Elle représente ainsi l’ensemble des conditions météorologiques que l’on est susceptible de rencontrer dans l’année, et ce pour chaque année que nous vivons dans un lieu donné.

Ce lieu est de première importance : la garde-robe d’une personne vivant à Johannesburg, en Afrique du Sud, diffère considérablement de la collection de vêtements d’un habitant d’Helsinki, en Finlande. Les Sud-Africains n’auront certainement pas besoin de vêtements thermiques pour des températures inférieures à – 20°C, quand les Finlandais n’auront que faire de robes d’été et de shorts – si ce n’est pour partir en vacances  !

C’est la même chose pour la météo et le climat. Les conditions expérimentées à un endroit diffèrent nécessairement de celles expérimentées à une autre distance des pôles.

Prévisions et projections climatiques

Que cela implique-t-il pour notre compréhension des projections et prévisions climatiques ?

Une prévision correspond à ce que le bulletin météo nous raconte tous les soirs à la télévision ou sur notre application mobile. Elle donne les températures minimales et maximales probables, ainsi que les risques de précipitations – et inclut également des alertes en cas d’événements extrêmes susceptibles de se produire dans les 24 à 72 prochaines heures. La prévision météorologique nous aide ainsi à prévoir ce que nous allons porter demain.

Les projections climatiques, qu’elles proviennent de modèles climatiques régionaux ou globaux ou encore d’une analyse de tendance statistique des fluctuations sur les dernières décennies, nous permettent d’anticiper le climat, des prochaines décennies aux cent prochaines années. Elles nous aident à déterminer bien à l’avance comment faire évoluer le contenu de notre garde-robe, pour aller peut-être vers moins de manteaux épais et davantage de shorts étant donné le contexte de réchauffement global en cours.

Selon l’endroit où nous vivons, certains auront besoin d’un parapluie plus robuste ou d’un vêtement de pluie plus résistant, tandis que d’autres installeront un réservoir d’eau dans leur jardin. Il ne s’agit pas de dépenser notre dernier salaire pour renouveler intégralement notre garde-robe et jeter du jour au lendemain tout ce que nous avons – mais progressivement, au cours des années, des décennies, de se préparer et s’adapter à un monde que les changements en cours risquent de transformer profondément.


Traduit de l’anglais par Nolwenn Jaumouillé.