Climat : la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère "a atteint un sommet" en 2020, selon l'Organisation météorologique mondiale

"Nous sommes très loin du but", s'inquiète l'Organisation météorologique mondiale dans un "Bulletin sur les gaz à effet de serre" publié lundi.

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Radio France
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Sécheresse (illustration). (STÉPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

"Une fois encore, la quantité de gaz à effet de serre qui piègent la chaleur dans l'atmosphère a atteint un sommet l'an dernier" en 2020, dénonce l'Organisation météorologique mondiale dans un Bulletin sur les gaz à effet de serre publié lundi 25 octobre, quelques jours avant la COP26 qui commence dimanche 31 octobre à Glasgow, en Écosse, et dure jusqu'au 12 novembre.  

Le secrétaire général de l'OMM Petteri Taalas estime que les données de ce bulletin adressent "un message scientifique fort aux négociateurs de la COP26 sur le climat.

"Au rythme où augmentent les concentrations de gaz à effet de serre, l’élévation des températures à la fin du siècle sera bien supérieure aux objectifs de l’Accord de Paris, soit 1,5 à 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels."

Extrait du Bulletin de l'OMM

"Nous sommes très loin du but".  

Le rapport ajoute que "la température mondiale continuera d'augmenter tant que les émissions se poursuivront" et que, "étant donné la durée de vie du CO2, le réchauffement déjà observé persistera pendant plusieurs décennies, même si les émissions nettes étaient ramenées à zéro rapidement". Il prévient aussi des conséquences de ce réchauffement telles que les chaleurs et les pluies intenses, la fonte des glaces, l'élévation du niveau de la mer et les impacts socio-économiques qu'ils auront.

Les confinements ont eu peu d'incidence

D'ailleurs, le ralentissement de l'économie pendant les confinements dus à la pandémie de Covid-19 "n'a pas eu d'incidence perceptible sur le niveau et la progression des gaz à effet de serre dans l'atmosphère", s'inquiète-t-il encore, malgré un "recul temporaire des nouvelles émissions".  

Par exemple, malgré un recul de 5,6 % des émissions de dioxyde de carbone pendant la pandémie, "les concentrations mondiales de CO2 ont atteint un nouveau sommet en 2020" de 413,2 parties par million (ppm), soit 149 % du niveau préindustriel, avant 1750, "quand les activités humaines ont commencé à perturber l'équilibre naturel de la Terre". Pour rappel : le CO2 est "responsable des deux tiers environ de l'effet de réchauffement du climat".  

La moitié des émissions polluantes n'est pas absorbée

Les émissions de méthane – à 60 % d'origine humaine – ont augmenté davantage entre 2019 et 2020, qu'entre 2018 et 2019, pour atteindre 262 % de leur niveau en 1750, et les émissions de protoxyde d'azote d'origine humaine – produites en grande majorité par l'agriculture – ont augmenté de 30 % ces quatre dernières décennies, pour atteindre 123 % des niveaux de 1750.  

De plus, la moitié des émissions polluantes n'est pas absorbée par les océans ni les écosystèmes terrestres et l'OMM craint que leur capacité d'absorption diminue à cause notamment des sécheresses et des incendies de plus en plus fréquents, qui sont aussi des conséquences du réchauffement climatique.  

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