Avec le réchauffement climatique, un refuge italien pourrait bien devenir suisse

Dans les Alpes, la fonte d'un glacier déplace la frontière entre l'Italie et la Suisse. Ce qui n'est pas sans poser de problèmes administratifs. Voire diplomatiques.  

Photo du refuge de montagne italien postée sur Facebook, le 6 février 2017.
Photo du refuge de montagne italien postée sur Facebook, le 6 février 2017. (CAPTURE D'ECRAN / REFUGE DE MONTAGNE GUIDE DEL CERVINO)

Le refuge de montagne Guide del Cervino est sur le sol italien, mais pour combien de temps encore ? Niché au coeur des Alpes italiennes, l'établissement glisse petit à petit vers la Suisse. Parce que le glacier du plateau Rosa sur lequel il est posé ne cesse de fondre en raison du réchauffement climatique.

Depuis une loi de 2009, "la frontière entre les deux pays n’est plus fixe mais liée à des repères dans un glacier", écrivent nos confrères du Figaro. Sauf que, fonte des glaces oblige, "la ligne de démarcation imaginaire se déplace", et le refuge est désormais à cheval entre la Suisse et l’Italie. Ce qui n’est pas sans causer de problèmes administratifs, voire diplomatiques. 

Travaux d'agrandissement suspendus

Les propriétaires qui souhaiteraient agrandir le lieu se retrouvent bloqués. Puisque que leur refuge est passé "aux trois-quarts en Suisse", ils ne savent pas à quel pays déclarer leur permis de construire... Les travaux sont donc suspendus pour le moment. 

La solution est peut-être entre les mains d'une commission exceptionnelle qui vient de voir le jour. "Nous avons prévu un échange : laisser le refuge aux Italiens contre un bout de territoire qui nous aiderait pour un projet à venir", déclare la présidente de la station de montagne Zermatt dans les colonnes du quotidien suisse Nouvelliste. Mais en cas d'échec, il faudra allors modifier la loi pour déplacer la frontière. "La ligne de frontière pourrait contourner le refuge pour le laisser au territoire italien", avance le sénateur du Val d'Aoste dans les colonnes de La Stampa. L'opération prendra du temps : "Il faudrait six mois pour faire une loi et l'adopter."