Séances de sauna, dix litres d'eau par jour... Comment les cyclistes du Tour de France affrontent la canicule

Disputer une étape de la Grande boucle à plus de 40 degrés est loin d'être anodin, c'est un défi pour les cyclistes et leur staff.

Le Maillot jaune Julian Alaphilippe et d\'autres cyclistes dans les derniers kilomètres du Tourmalet, lors de la 14e étape du Tour de France, le 20 juillet 2019.
Le Maillot jaune Julian Alaphilippe et d'autres cyclistes dans les derniers kilomètres du Tourmalet, lors de la 14e étape du Tour de France, le 20 juillet 2019. (MARCO BERTORELLO / AFP)

Courir une étape de Tour de France par 40 degrés, "c'est très très très dur, plus dur encore que monter certains cols. Il peut y avoir des défaillances, des retournements de situation, donc ne nous enflammons pas", décrit le cycliste français Stéphane Rossetto. Le peloton dispute jeudi 25 juillet, entre Embrun et Valloire, une grosse étape alpine sous la canicule. Une chaleur lourde, qui vous attrape la gorge et vous coupe le souffle... 

Des séances de sauna régulières en amont

Les coureurs vont boire au minimum dix litres d'eau par jour. Mais ils comptent aussi sur leur préparation. "On est obligé d'anticiper, parce qu'on sait que les étés sont de plus en plus chauds", explique à franceinfo le médecin de l'équipe Groupama-FDJ, Jacky Maillot. "Déjà, l'origine géographique du coureur joue, ceux du sud de la France ou de l'Europe vont s'adapter beaucoup plus facilement."

On fait des entraînements en milieu très chaud, ça crée des adaptations qui servent après.Jacky Maillot, médecin de l'équipe Groupama-FDJà franceinfo

Au départ, Thibaut Pinot est par exemple peu adepte de la chaleur, il a fallu se préparer. "Au mois de juin, on fait travailler les coureurs en ambiance chaude", décrit Jacky Maillot. Rien n'est laissé au hasard : "On fait du sauna régulièrement pour habituer le corps aux fortes chaleurs."

Des outils pour surveiller l'hydratation

Les étapes courues sous ces fortes chaleurs sont donc surveillées de près par le staff de chaque équipe. "On a des moyens de surveiller les déficits hydriques, des outils qui nous permettent d'avoir des estimations de l'hydratation du coureur, décrit Jacky Maillot. On sait que 60 à 65% de notre corps, c'est de l'eau, donc quand on est en dessous, ça nous donne une idée de ce qu'il faut boire. Mais on ne peut pas donner que de l'eau, on donne aussi des boissons énergétiques, très diluées."

L'intestin et l'estomac n'absorbent pas du tout de la même façon les nutriments quand on est à 15 degrés ou quand on est à 40 degrés, donc on adapte tout ça.Jacky Maillot, médecin de l'équipe Groupama-FDJà franceinfo

Le partenaire de chambre de Thibaut Pinot, Rudy Molard, se veut rassurant : "On n'est pas à l'abri aussi de quelques orages dans les Alpes, ce serait sympa pour nous ! Mais non, quand il est en forme, il passe bien la chaleur. À la Vuelta [le tour cycliste espagnol] l'an dernier, il y avait 40 degrés, il gagne deux étapes, donc..."

Donc tout espoir est permis. Avec une certitude : le Tour se joue avec un peu de chance, mais aussi et surtout sur cette préparation invisible, ces petits détails qui, au final, font toute la différence.