La canicule n'a pas beaucoup accru le nombre de consultations aux urgences, affirment les urgentistes

La prévention a été efficace et "la méconnaissance du phénomène n'existe plus", contrairement à 2003, estime le chef de service du Samu de Paris.

Un couloir du centre hospitalier de Versailles (Yvelines) le 29 juin 2018, lors d\'une précédente vague de chaleur.
Un couloir du centre hospitalier de Versailles (Yvelines) le 29 juin 2018, lors d'une précédente vague de chaleur. (MAXPPP)

Il n'y a pas eu de redite de la canicule meurtrière de 2003. La vague de chaleur qui a frappé la France, entre la fin juillet et mercredi dernier, n'a pas beaucoup accru l'activité des urgences, ont expliqué des représentants des urgentistes, lundi 13 août. 

Chef de service au Samu de Paris 75 AP-HP, Pierre Carli explique avoir constaté une activité "soutenue" en juillet, mais "comparable aux autres mois de l'année". Il estime qu'il est "difficile de savoir" si cette activité était liée "indirectement, directement ou pas du tout" à la canicule.

"Des appels 100% chaleur, c'est-à-dire quelqu'un qui n'est pas du tout malade et qui fait un coup de chaleur, on n'en a pas vu à Paris", assure Pierre Carli. Contrairement à la canicule de 2003, "la méconnaissance du phénomène n'existe plus en 2018", conclut cet urgentiste, "les spots télévisés le rappellent à tout le monde".

"Pas d'épidémie" de pathologies liées à la chaleur

"On a eu des cas de collègues qui nous ont dit qu'ils avaient retrouvé des personnes âgées décédées chez elles, mais c'est très minime", confirme Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France. "Les campagnes de prévention qui ont été bâties au cours des quinze dernières années donnent de bons résultats, la population a compris le risque de la chaleur."

Quant aux risques pour les personnes âgées dans les jours ayant suivi la fin de la canicule, "il y a des cas, mais ça reste ponctuel, il n'y a pas d'épidémie de ce type de pathologies", indique François Braun, président du syndicat Samu-Urgences de France.

Jeudi, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris expliquait que, du 2 au 8 août, le nombre de passages de personnes âgées aux urgences avait augmenté de 10,1% par rapport aux mêmes dates en 2017, dans 13 services sur 17 en Île-de-France.