Orange tenté par un rachat de Bouygues Telecom

Selon une information du quotidien "Les Echos", les deux opérateurs auraient entamé des discussions autour d'un éventuel mariage.

Le centre de Bouygues Telecom à Meudon (Hauts-de-Seine), le 1er octobre 2013.
Le centre de Bouygues Telecom à Meudon (Hauts-de-Seine), le 1er octobre 2013. (ERIC PIERMONT / AFP)

Privé du rachat de SFR, Martin Bouygues cherche une porte de sortie. Et selon Les Echos, mercredi 15 mai, ce serait le rachat de sa filiale télécom par l'opérateur historique Orange, pour un montant estimé à 6 milliards d'euros. Dans un communiqué diffusé dans la soirée, Orange a déclaré examiner les opportunités qu'offrait la recomposition du marché français des télécoms.

Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a confirmé vendredi sur BFM TV-RMC l'existence de discussions "multiples" entre opérateurs des télécommunications, notamment entre Orange et Bouygues Telecom.

Où en sont les discussions ?

Ces éléments apparaissent alors que Bouygues est en perte de vitesse depuis l'arrivée de Free (groupe Iliad) sur le marché de la téléphonie mobile en 2012. A tel point que Bouygues Telecom a dû annoncer un nouveau plan d'économies face à la baisse de ses revenus. Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, affirme aux Echos que "personne ne [lui] a demandé du côté de l’Etat d’étudier le rachat de Bouygues Telecom. (...) On évalue nos options". Aucune offre formelle n'a encore été déposée, a précisé une autre source à l'AFP.

Quelle est l'option envisagée ?

Dans l'opération, Bouygues se ferait payer en actifs et prendrait ainsi des parts au capital d'Orange. Une éventuelle opération avec l'opérateur historique valoriserait Bouygues Telecom à "au moins 6 milliards d'euros", indiquent Les Echos. Free, présenté comme l'acheteur "naturel" de Bouygues Telecom, ne proposerait, lui, que quatre ou cinq milliards d'euros alors que Martin Bouygues en voudrait huit milliards, ajoute le quotidien.

Quelle est la position des syndicats ? Du gouvernement ?

Les Echos rappellent que le syndicat CFE-CGC d'Orange s'était montré favorable à une fusion des deux opérateurs dans une lettre ouverte à Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie. Pour le syndicat, en effet, "rapprocher Bouygues et Orange permettrait non seulement de sauver les emplois immédiatement menacés chez Bouygues Telecom, mais aurait également du sens en termes de synergie industrielle". Arnaud Montebourg s'était déclaré favorable à un retour à trois opérateurs, mardi. "Nous ferons trois opérateurs capables d'investir, qui cessent de détruire de l'emploi, de s'entretuer."

Est-ce la seule solution ?

Les autorités de concurrence pourraient voir d'un mauvais œil un tel rapprochement, qui créerait un géant des télécoms. Dans son communiqué, Orange a d'ailleurs souligné qu'il sera attentif aux risques juridiques d'une telle opération. D'autres options seraient donc envisagées, comme un partage d'infrastructures ou un accord de gros. Enfin, le directeur financier de Bouygues Telecom assure disposer d'une stratégie qui permettrait au groupe de rester indépendant. La porte reste néanmoins entrouverte.