La 5G sera "un coût supplémentaire" pour les opérateurs car "il faut trois fois plus d'antennes" que pour la 4G

Selon Stéphane Lelux, président de Tactis et conseiller des opérateurs, les revenus des opérateurs n'augmenteront pas ou peu, puisque le client ne paiera pas plus cher.

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Radio France
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Une antenne utilisée pour la 5G, à Pékin, le 19 mai 2020. (NICOLAS ASFOURI / AFP)

La secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher est favorable au lancement des enchères de la 5G en France dès le mois de septembre, mais, si Free et Orange semblent prêts, SFR et Bouygues préfèreraient attendre encore. Selon Stéphane Lelux, président de Tactis et conseiller des opérateurs, cette frilosité s'explique par le fait que la 5G sera "un coût supplémentaire" pour les opérateurs car "il faut trois fois plus d'antennes" que pour la 4G. "On a fait des études chez Tactis et pour à peu près l'équivalent de la couverture de la 4G actuelle, indique-t-il, il faut trois fois plus d'antennes pour la 5G. Donc, ça veut dire que ça a un coût supplémentaire."

Il y aura bien sûr, des services améliorés, mais les revenus des opérateurs n'augmenteront pas ou peu, puisque quand on est client, on ne paie pas plus cher", explique le spécialiste.

Stéphane Lelux

à franceinfo

Stéphane Lelux estime que les opérateurs "n'ont pas le choix" dans les zones urbaines : "Quand ils ont un client qui, dans une zone hyper dense, n'arrive pas à se connecter ou n'arrive pas à transmettre [des fichiers], ou ne peut plus faire du streaming ou de téléchargements, c'est un client insatisfait, donc, de toute façon, ils doivent investir." "Aujourd'hui, il y a une explosion des débits, on a des multiplications de facteurs de 1,5 à 2 par an de la bande passante par usager, donc on voit bien que ces nouvelles fréquences sont indispensables. Les opérateurs, d'une certaine manière, n'ont pas le choix. Dans les zones urbaines, c'est une obligation."

"C'est dix fois plus de débit que la 4G"

En revanche, concernant les zones rurales, deux points de vue se confrontent : pour les opérateurs, il est "difficile d'accepter d'aller dans les zones les plus rurales où, là, il faut mettre beaucoup plus d'antennes avec pas beaucoup plus de clients", alors que pour le gouvernement il faut "accélérer le déploiement".

Le spécialiste rappelle les avantages de la 5G, qui  apportera selon lui l'équivalent d'un service quasiment comparable à de la fibre optique. "C'est dix fois plus de débit que la 4G. C'est à peu près 10 fois moins de temps de latence, c'est-à-dire que le temps d'acheminement d'un signal est dix fois plus rapide".

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