Deploiement de la 5G : "Il y a une forme de mépris à faire preuve d'une surdité démocratique", déplore l'association Agir pour l’environnement

Stéphen Kerckhove, le délégué général de l’association, estime que l'Etat va trop vite dans le déploiement de la 5G dans le pays. 

Des antennes relais à Saint-Etienne, en septembre 2020. 
Des antennes relais à Saint-Etienne, en septembre 2020.  (R?MY PERRIN / MAXPPP)

Sur le développement de la 5G en France, "il y a une certaine forme de mépris à faire preuve d'une surdité démocratique systématique", a affirmé dimanche 11 octobre sur franceinfo Stéphen Kerckhove, le délégué général de l’association Agir pour l’environnement, alors que la municipalité de Lille a voté samedi un moratoire sur le déploiement de la 5G sur son territoire. Ce moratoire est soutenu par Agir pour l’Environnement. L'association a également déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour obtenir un moratoire.

Le minimum, c'est qu'on attende les résultats des évaluations avant de prendre une décision. Stéphen Kerckhoveà franceinfo

Stéphen Kerckhove estime que Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique, "ne cesse de plaider pour un débat, des études d'impact, des contrôles, mais une fois que la décision est prise. Il serait temps de remettre les choses à l'endroit". Le délégué général de l’association Agir pour l’Environnement attend qu'on "étudie sérieusement" l'impact de la 5G, "comme les agences qui ont été mobilisées par l'État, l'Agence nationale des fréquences, l'Agence nationale de sécurité environnementale, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie qui ont mené des évaluations de cette 5G".

Le délégué général de l’association Agir pour l’environnement met en avant des "inquiétudes" qui planent sur la 5G. "Nous avons des signaux rouges liés au développement de la 5G. Cela va permettre de multiplier les objets connectés. Certains équipementiers estiment qu'on pourrait avoir jusqu'à 22 milliards d'objets connectés en circulation d'ici 2024. C'est une utilisation massive des ressources, des matières premières et des terres rares. Le bilan carbone de cette 5G pose question. C'est un vrai problème", conclut-il. Stéphen Kerckhove attend "que le gouvernement prenne en considération ces signaux d'alerte".