5G : "Les opérateurs n'ont pas attendu les attributions de fréquence pour travailler sur l'environnement", assure le président de la fédération des télécoms

Le Haut Conseil pour le climat alerte sur les effets néfastes sur l'environnement de la prochaine génération de réseau mobile dans un rapport publié samedi.

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Radio France
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Nicolas Guérin, président de la fédération française des télécoms, et secrétaire général du groupe Orange,, le 4 mai 2018 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

"Tous ces rapports oublient une chose, c'est que les opérateurs n'ont pas attendu les attributions de fréquence 5G pour travailler sur l'environnement", a défendu samedi 19 décembre sur franceinfo Nicolas Guérin, président de la fédération française des télécoms, et secrétaire général du groupe Orange, après le rapport du Haut Conseil pour le climat sur les émissions de gaz à effets de serre provoquées par la 5G.

>> Le déploiement de la 5G risque de provoquer "une augmentation significative" des émissions de gaz à effet de serre, alerte le Haut Conseil pour le climat

"Ça fait des années que les opérateurs prennent des engagements pour réduire leur impact environnemental", a-t-il poursuivi. Selon Nicolas Guérin, "nos réseaux, la 5G, tout le numérique sont des technologies pro-environnementales", elles "vont aider la France à respecter les engagements qu'elle a pris lors de l'accord de Paris notamment".

franceinfo : Quelle est votre première réaction à cette alerte du Haut Conseil pour le climat concernant la 5G et les émissions de gaz à effet de serre ?

Nicolas Guérin : On empile aujourd'hui en France les rapports et interventions, on a eu des rapports de l'Arcep [Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes], l'Ademe [l'Agence de la transition énergétique]. On a énormément de positions et de rapports, mais ce qui nous manque, plutôt que des rapports, ce sont des indicateurs et des méthodes d'évaluation sur l'impact sur l'environnement. Aujourd'hui, nous n'en disposons pas.

"Aujourd'hui, le plus urgent, ce n'est pas de rajouter des rapports aux rapports. C'est de se doter de ces outils qui nous permettent tous de parler la même langue et de pouvoir comparer les choses."

Nicolas Guérin, président de la fédération française des télécoms

à franceinfo

La petite critique que je peux faire au rapport du Haut Conseil pour le climat, c'est de n'avoir pris en compte que la 5G, sans la remettre dans son contexte général qui est l'ensemble des technologies fixe, mobile dont on dispose. Toute nouvelle technologie est plus efficace que la précédente et c'est démontré depuis 30 ans. On ne peut pas regarder l'impact environnemental uniquement en s'intéressant aux réseaux. Il faut regarder l'ensemble de l'écosystème.

N'aurait-il pas fallu évaluer les risques avant d'attribuer les fréquences ?

Tous ces rapports oublient une chose, c'est que les opérateurs n'ont pas attendu les attributions de fréquence 5G pour travailler sur l'environnement. Ça fait des années que les opérateurs prennent des engagements pour réduire leur impact environnemental. 

Quand vous regardez la réalité des réseaux aujourd'hui, vous avez une consommation électrique par gigaoctet qui a été divisée par trois sur les réseaux fixes et par sept sur les réseaux mobiles en cinq ans. Si on compare aux autres secteurs, l'automobile, c'est -2%, le secteur aérien -6%. Cette réalité, on la prend en compte, les opérateurs travaillent et réduisent déjà leur empreinte environnementale.

L'avis du Haut Conseil pour le climat va-t-il différer le déploiement de la 5G ?

Je ne crois pas. Le Haut Conseil fait des recommandations. On va les regarder. Elles s'ajoutent aux 21 recommandations de l'Arcep, aux travaux en cours de la Commission européenne. On va les intégrer. Mais un grand nombre de ces recommandations sont déjà intégrées dans nos feuilles de route.

On va pouvoir démontrer avec nos réseaux, que la 5G, tout le numérique sont des technologies qui sont pro-environnementales et qui vont aider la France à respecter les engagements qu'elle a pris lors de l'accord de Paris notamment.

Nicolas Guérin, président de la fédération française des télécoms

à franceinfo

Dans un premier temps, il n'y aura pas de déploiement de nouvelles antennes, puisqu'on va reprendre les antennes 4G qui existent pour installer des équipements 5G sur ces antennes. On ne crée pas de nouveaux sites. Peut-être dans quatre, cinq ou six ans on aura des créations de nouveaux sites pour déployer des services 5G. On a le temps de voir venir, on a le temps de travailler, de débattre avec les collectivités, nos concitoyens pour leur montrer que d'ici-là, ces effets positifs de la 5G sur l'environnement seront devenus des réalités, et eux-mêmes viendront nous demander des antennes 5G.

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