5G : "Le président de l'Arcep noie le poisson", accuse le directeur adjoint des études de l’UFC Que Choisir

Invité mardi matin sur franceinfo, Sébastien Soriano mettait en avant qu'"aujourd'hui", aucune étude ne prouvait "la dangerosité" de la 5G. Le gouvernement attend le rapport de l'Anses qu'il a commandé sur le sujet mais les enchères ont tout de même été lancées. Que Choisir dénonce "un discrédit pour l'autorité sanitaire".

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Les enchères pour la 5G ont été lancées en France le 29 septembre 2020. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

"Il aurait fallu attendre le résultat de l'étude de l'Anses" sur les effets de la 5G, notamment sur la santé, estime mardi 29 septembre sur franceinfo Antoine Autier, directeur adjoint des études de l’UFC Que Choisir, alors que débutent les enchères pour l'attribution des 11 blocs de fréquences 5G encore disponibles. 

franceinfo : Le président de l'Arcep disait le matin-même sur franceinfo qu'"il n'y a pas de raison de préjuger d'une nocivité qui serait tout d'un coup particulière à la 5G", alors que l'Anses doit rendre dans six mois un rapport sur les effets de la 5G, notamment sur la santé. Ne fallait-il pas attendre ce rapport ?

Antoine Autier : Le président de l'Arcep noie le poisson. Il ne s'agit pas de savoir si le micro-ondes est dangereux ou si la 4G est dangereuse. L'Anses doit se prononcer au premier trimestre 2021, sur l'impact sanitaire des ondes utilisées pour la 5G.

On ne comprend pas pourquoi le gouvernement commande un rapport à l'Anses et fait finalement fi des conclusions qu'il pourrait y avoir pour lancer la commercialisation de la 5G. 

Antoine Autier, directeur adjoint des études de l’UFC Que Choisir

à franceinfo

On n'était pas à 3 ou 6 mois près, notamment parce qu'on prétend que la 5G est là pour soulager les réseaux 4G, or même les opérateurs nous disent qu'il n'y a aucun risque de saturation des réseaux avant 2022 voire avant 2023. Donc il n'y avait aucune urgence à lancer dès à présent les enchères, puisqu'il y aura derrière la commercialisation de la 5G avec tous les risques. Aujourd'hui, rien n'est mis en place pour qu'il y ait une réversibilité, c'est la raison pour laquelle il aurait fallu attendre le résultat de l'étude de l'Anses, pour ne pas se retrouver le cas échéant dans une situation qui n'aurait pas été prévue contractuellement. C'est un discrédit pour l'autorité sanitaire.

Le processus d'enchères est-il classique ?

On est dans une phase d'enchères classique, un peu remodelée par rapport à la 4G, puisqu'on assure aux quatre opérateurs qu'ils disposeront de suffisamment de fréquences pour commercialiser une bonne 5G. Finalement, le combat qui va avoir lieu entre les différents opérateurs est pour savoir qui aura entre eux la meilleure 5G. De ce combat découlera la mise en place des politiques commerciales des opérateurs. Ceux qui auront le plus de fréquences pourront proposer davantage de débit aux consommateurs. Avec cette différence de qualité et la différence des prix, les consommateurs pourront arbitrer.

Y a-t-il un risque d'entente illicite dont le consommateur serait victime plus tard ?

Non, tout est encadré par l'Arcep de telle sorte à assurer qu'il n'y ait pas d'entente. Là, c'est un combat entre les opérateurs pour avoir le maximum de fréquences. Il n'y a aucun intérêt à ce stade qu'il y ait un accord entre opérateurs pour se partager le gâteau, chacun veut le maximum.

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