174 équipements de télécommunication ciblés par des attaques en un an, après des appels lancés sur des sites associés à l'ultragauche

Une information révélée par France Inter. Antennes-relais ou câbles de fibre optique sont les principaux objectifs de ces sabotages, selon le bilan dressé par le ministère de l'Intérieur.

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Radio France
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Banderolle pour contester le développement de la 5G devant un pylône supportant des antennes de téléphonie mobile en Lozère. (PHILIPPE THOMAIN / RADIOFRANCE)

Depuis un an, 174 équipements de télécommunication, dont la majorité en milieu rural, ont été sabotés ou incendiés, révèle jeudi 1er avril France Inter. Ce bilan du ministère de l’Intérieur, que France Inter a pu consulter, est dressé un an après le début des appels à "renouer avec l'Action directe" en s'en prenant à des infrastructures liées aux télécommunications comme des antennes-relais ou des câbles de fibre optique. Ces appels ont été relayés par des sites internet que le ministère associe à l'ultragauche.

La grande majorité de ces infrastructures sabotées ou incendiées (137) se situe en milieu rural, seules deux infrastructures ont été visées dans l'agglomération parisienne. Les départements les plus touchés sont la Haute-Garonne, l'Isère, l'Ardèche, la Drôme et les Bouches-du-Rhône. Ces actions ont causé d'importants préjudices, notamment des coupures de réseaux dans de nombreuses communes, ainsi que des conséquences sur le fonctionnement des services jugés d'utilité publique.

La 5G et la fibre optique de plus en plus visées

En un an, seules 26 personnes soupçonnées d'être impliquées dans 14 faits ont été interpellées. Ils semblent notamment motivés par la volonté de mettre à mal des équipements soupçonnés d'être "un instrument de surveillance et d'asservissement des masses". Au-delà de ces convictions politiques, certains semblent avoir agi par peur de la collecte des données personnelles, par crainte des ondes, par refus de la pollution visuelle, ou en raison de la perte de valeur de leur habitation se trouvant à proximité des infrastructures.

Le ministère de l'Intérieur note une mobilisation croissante contre les infrastructures liées à la 5G, qu'il s'agisse des équipements techniques, ou des équipements commerciaux. Cette mobilisation, qualifiée de "large", va de l'opposition apolitique à des mouvements politisés. Alors que les Français font un usage intensif d'internet, le réseau de la fibre optique est également de plus en plus pris pour cible, notamment en raison de la facilité à y accéder.

La Belgique, l'Italie ou encore le Royaume-Uni également touchés

Certaines actions sont directement revendiquées par des groupes associés à l'ultragauche, mais dans la majorité des cas, les sites ne font que relayer l'information de ces dégradations. Parmi les textes qui ont pu inspirer des actions, celui posté en avril 2020 et intitulé "En mai, fais ce qu'il te plaît : un appel au conflit". On peut y lire : "À l’heure où tout le monde ou presque travaille/étudie/partage/se détend/s’instruit/s’insurge/fais du sexe… face à un écran, que se passerait-il si quelques cables de fibres optiques sous une trappe faciles d’accès étaient saboté (sic) ?" Ces textes sont parfois accompagnés de manuels détaillant les moyens à mettre en œuvre pour dégrader ou détruire le matériel. Ils donnent également des conseils afin d'éviter toute interpellation, enjoignant notamment à agir sur des infrastructures isolées, peu protégés et donc facilement accessibles.

Cette situation n'est pas propre à la France. La Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont également été confrontés à une série d'incendies de pylônes de télécommunication lors du printemps 2020. Certains groupes vont même jusqu'à échanger leurs "conseils" d'un pays à l'autre.

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