Vidéo Quatre fois plus de cyberattaques en un an en France, selon l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information

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"La menace numérique aujourd'hui, fait partie très clairement du top 5 des menaces les plus importantes", prévient le directeur général de l'Anssi, Guillaume Poupard.

L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) publie jeudi 10 juin un rapport sur la cybersécurité et le fléau des rançongiciels. Il recense quatre fois plus de cyberattaques en un an. Une tendance qui ne risque pas de diminuer dans les années à venir, prévient le directeur général de l'Anssi, Guillaume Poupard, sur franceinfo.

"Ce qui est très négatif, c'est que le nombre d'attaques augmente de manière considérable entre 2019 et 2020", indique Guillaume Poupard. Le directeur général de l'ANSSI estime qu'on a compté l'année dernière quatre fois plus d'attaques. Il l'affirme, "ça ne va pas s'arrêter immédiatement", tout simplement parce que "la grande criminalité gagne beaucoup d'argent très probablement avec ces attaques-là". Il y a aussi des point positifs : "On voit que les victimes qui prennent conscience des problèmes qui se sécurisent ne sont en général pas attaquées une deuxième fois. Donc ça donne de l'espoir."

Les hôpitaux devenus une cible

Une prise de conscience face à la menace qui touche aussi les services publics, tout particulièrement les hôpitaux. Des institutions qui ont été prises de court par ce phénomène nouveau, estime l'Anssi. "Dans le passé, on n'a jamais attaqué les hôpitaux", rappelle Guillaume Poupard. "C'est quelque chose qui paraît un peu absurde. De fait, les criminels numériques, eux, ils attaquent les hôpitaux. Donc on a compris, on a plein de démarches en cours, notamment pour imposer la cybersécurité aux hôpitaux les plus sensibles". L'Anssi a décidé d'élever leur niveau de sécurité informatique. L'agence va aider ces établissements à améliorer leur sécurité. Elle va "utiliser en partie l'argent du plan de relance" pour sécuriser les systèmes de ces institutions sensibles.

Mais difficile de désigner les hôpitaux "particulièrement sensibles". "En fait, il y a 4 000 établissements de santé en France", recense le directeur général de l'Anssi. "Ils ne sont pas tous en charge de leur système numérique, et donc en pratique, on s'intéresse aux hôpitaux qui sont leaders dans ce qu'on appelle les groupements hospitaliers territoriaux."

Pas des "terroristes", des "cybercriminels"

Guillaume Poupard, contrairement à certains représentants américains, ne veut pas parler de "terroristes" quand il désigne ces cybercriminels qui forcent nos ordinateurs et nous demandent des rançons. Mais "ce qui est certain, c'est que l'impact sur notre économie, sur notre sécurité nationale, sur vous et moi, dans notre vie personnelle, peut être très grave et peut être comparable à celle du terrorisme. En tout cas, la menace numérique aujourd'hui, fait partie très clairement du top 5 des menaces les plus importantes à prendre en compte dans un pays comme la France".

Concernant le bug qui a touché les appels de secours dans de nombreuses régions de France la semaine dernière, l'Anssi a été saisie par le gouvernement. Son directeur général estime qu'il est "extrêmement peu probable" que ce soit une attaque informatique. Selon les premières informations des travaux en cours, Guillaume Poupard affirme que "c'est l'hypothèse de la panne qui est privilégiée".

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