Twitter dit avoir bloqué une "opération de propagande" orchestrée par l'Arabie saoudite

La plupart des 80 000 comptes impliqués étaient en arabe et servaient de caisses de résonance "aux messages en faveur des autorités saoudiennes"

Le logo Twitter affiché sur un téléphone portable, en novembre 2019.
Le logo Twitter affiché sur un téléphone portable, en novembre 2019. (JAKUB PORZYCKI / NURPHOTO / AFP)

Twitter a annoncé, vendredi 20 décembre, avoir suspendu plus de 88 000 comptes impliqués dans une opération de manipulation et de désinformation orchestrée par l'Arabie saoudite. La plupart de ces profils étaient en arabe et servaient de caisses de résonance "aux messages en faveur des autorités saoudiennes", mais une partie était en anglais et ciblait des publics occidentaux, selon la plateforme.

Twitter a entrepris de démanteler ce réseau en 2018. L'entreprise californienne est parvenue à mieux cerner les acteurs impliqués cet automne, et a pris des mesures drastiques en octobre dernier. "Des enquêtes rigoureuses menées par nos équipes nous ont permis de relier ces comptes à une importante opération de propagande menée sur Twitter depuis l'Arabie saoudite", déclare le réseau social. Certains contenus apparaissent soutenir Donald Trump quand il était candidat et juste après son élection.

Des messages politiques noyés dans la masse

Selon Twitter, de nombreux comptes impliqués avaient recours à des outils automatisés pour faire circuler largement des messages non politiques. "Ces tactiques ont compliqué la tâche des observateurs, qui devaient repérer les tweets politiques sur des comptes qui partageaient essentiellement des contenus non politiques de façon automatique", indique l'entreprise.

Les réseaux comme Facebook et Twitter luttent activement contre les nombreuses opérations de manipulation de l'opinion orchestrées notamment depuis la Chine, l'Inde, la Russie ou encore l'Arabie saoudite. En septembre, un rapport du Oxford Internet Institute a établi que le nombre de campagnes avait doublé en deux ans et qu'elles provenaient aussi bien de gouvernements démocratiques qu'autoritaires.