Le CSA demande des efforts aux réseaux sociaux dans la lutte contre les "fake news"

Google, Facebook, Snapchat, Twitter et les autres doivent être plus transparents et efficaces, selon un rapport de 87 pages du Conseil supérieur de l'audiovisuel publié jeudi.

Le CSA demande aux réseaux sociaux d\'améliorer la transparence dans les informations transmises concernant leur lutte contre les infox. (Photo d\'illustration)
Le CSA demande aux réseaux sociaux d'améliorer la transparence dans les informations transmises concernant leur lutte contre les infox. (Photo d'illustration) (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Peut mieux faire. Les réseaux sociaux et plateformes en ligne ont pris de bonnes mesures contre la diffusion de fausses informations – "fake news" ou "infox" – mais doivent être plus transparents et efficaces, a jugé jeudi 30 juillet le CSA dans un rapport inédit sur la lutte contre les infox. Google, Facebook, Snapchat, Twitter, LinkedIn, Microsoft, JeuxVideo.com, Dailymotion, Doctissimo ou encore Wikipedia ont répondu aux questions du Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui publie un tour d'horizon dans un rapport de 87 pages.

Le CSA constate "d'une manière générale" que "les opérateurs se sont saisis de l'enjeu de la lutte contre la diffusion de fausses informations, en suivant plusieurs de ses recommandations". "Néanmoins, ces mesures doivent encore être approfondies", souligne le Conseil. Tous les opérateurs ont mis en place des dispositifs de signalement des fausses informations mais ces dispositifs pourraient être simplifiés. Et les utilisateurs restent peu informés sur les suites de la procédure.

Par ailleurs, les opérateurs n'ont pas donné assez de précisions concernant le traitement de ces signalements et les "moyens humains" qu'ils y consacrent, empêchant le CSA "d'apprécier pleinement la portée des moyens mis en œuvre pour répondre aux objectifs de la loi".

Demande de transparence 

"Les informations fournies sont, sur certains points, évasives (à quelques exceptions près, comme Facebook)", constate le CSA. "Pour justifier ce choix, certains font valoir la nécessité de protéger les équipes de modération. Si la taille des effectifs est un élément plutôt renseigné par les opérateurs, des éléments précis n'ont pas toujours été donnés sur la formation des modérateurs et l'organisation du travail. Or, ces informations garantissent la transparence et l'équité des procédures."

La loi contre la manipulation de l'information, adoptée fin 2018, vise à endiguer la diffusion d'infox durant les campagnes électorales. Elle prévoit que les plateformes en ligne prennent des mesures, notamment en mettant en place des dispositifs de signalement, et les oblige à rendre compte de leurs efforts au CSA dans une déclaration annuelle.

Le CSA demande également une "transparence accrue" concernant les algorithmes qui repèrent les infox. Il encourage les opérateurs à s'engager davantage dans l'éducation à l'information et à renforcer leurs partenariats avec des médias.