Est-ce que vous entendez "laurel" ou "yanny" ? Sur Twitter, la question vire au dialogue de sourds

En fait, tout dépend de la fréquence des ondes de l'enregistrement sonore.

La façon dont sont perçues les fréquences de cet enregistrement, en fonction de l\'âge, de la qualité du système audio ou des idées préconçues, explique que tous les auditeurs n\'entendent pas le même mot.
La façon dont sont perçues les fréquences de cet enregistrement, en fonction de l'âge, de la qualité du système audio ou des idées préconçues, explique que tous les auditeurs n'entendent pas le même mot. (CLOE FELDMAN / TWITTER)

C'est l'équivalent de la querelle à propos de la robe noire et bleue, ou blanche et dorée mais en version audio. L'influenceuse Cloe Feldman a posté, mardi 15 mai, sur ses comptes Instagram et Twitter un enregistrement d'une voix synthétique. Et la jeune femme de demander à ses abonnés ce qu'ils entendent : "laurel" ou "yanny" ? En moins d'une jounée, son message a été commenté 17 000 fois sur Twitter, les internautes se partageant en trois camps : ceux qui entendent "laurel", ceux qui entendent "yanny" et ceux qui entendent un peu des deux.

Comment expliquer ces différences de perception ? Tout dépend de la fréquence des ondes de l'enregistrement, explique Lars Riecke, professeur adjoint en audition et neurosciences cognitives à l’université de Maastricht, au site The Verge (en anglais). En général, "les gens entendent 'yanny' quand la tonalité est basse, et 'laurel' quand celle-ci est plus haute", explique ainsi The Atlanticaprès avoir fait écouter l'enregistrement à Chelsea Sanker, phonéticienne à l’université de Brown. Faites-le test grâce aux différentes versions de l'enregistrement ci-dessous.

Si nous n'entendons pas tous les mêmes fréquences, c'est normal. "Une partie de la variation peut être due au système audio jouant le son, justifie Lars Riecke. Mais cela dépend aussi de la mécanique de vos oreilles, et ce que vous espérez entendre." La perception peut aussi varier en fonction de l'âge de l'auditeur. En clair : personne n'a raison. En regardant le spectrogramme de l'enregistrement (le dessin des fréquences d'un son), Chelsea Sanker le confirme : celui-ci n'est "pas prototypique" de "laurel" ou "yanny", mais quelque part entre les deux.