Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Facebook : avec 230 likes, l'algorithme vous connaît mieux que votre conjoint

Un chercheur californien avait découvert avant tout le monde la méthode qui aurait permis à Cambridge Analytica d'élaborer un logiciel pour prédire et influencer le vote des électeurs américains. Explications dans cet extrait d'une enquête à voir dans "Envoyé spécial" le 12 avril 2018.

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Influencer le résultat d'une élection grâce à des données siphonnées sur des comptes Facebook ? Non, ce n'est pas un film d'anticipation... Les données de 87 millions d'utilisateurs de Facebook ont été récupérées à leur insu par Cambridge Analytica, une firme qui a travaillé pour la campagne de Donald Trump, a révélé le réseau social. 

Selon l'enquête du magazine "Envoyé spécial" (à voir le jeudi 12 avril), l'idée de Cambridge Analytica est de dresser un profil psychologique des citoyens et de le croiser avec les informations dont elle dispose sur eux, afin de savoir ce qui motive leur vote. Et le meilleur endroit pour établir ce profil psychologique, c'est Facebook. Un chercheur américain de l'université de Stanford, en Californie, l'avait compris avant tout le monde : ce que nous faisons sur Facebook permet de comprendre notre personnalité. 

Des prédictions fiables sur nos opinions politiques

Pour obtenir un maximum de données sur les utilisateurs, Michal Kosinski a créé en 2008 un test sur Facebook. Il l'a conçu sur le modèle de ces questionnaires d'aspect ludique et anodin, à remplir en quelques minutes, que vous connaissez tous ("Quel personnage du magicien d'Oz êtes-vous ?" "Quel superhéros êtes-vous ?") et baptisé "My personnality". Plus de 6 millions de personnes ont utilisé l'application, et une bonne partie ont aussi donné des informations de leur profil Facebook. 

Grâce à des algorithmes et à ces millions de données, on peut très simplement élaborer des profils détaillés à partir de ces informations. Les likes sur Facebook peuvent être facilement transformés en prédictions fiables sur nos opinions politiques, religieuses, notre intelligence ou nos orientations sexuelles, explique Michal Kosinski. D'après lui, en analysant 10 de vos likes sur Facebook, l'algorithme vous connaît mieux que vos collègues. Avec 100, il vous connaît mieux que votre famille. Et avec 230, il vous connaît mieux que votre conjoint...

Extrait de "Facebook, l'envers du réseau", un reportage diffusé dans "Envoyé spécial" le 12 avril 2018.

Envoyé spécial. Facebook : avec 230 likes, l\'algorithme vous connaît mieux que votre conjoint
Envoyé spécial. Facebook : avec 230 likes, l'algorithme vous connaît mieux que votre conjoint (FRANCE 2 / FRANCETV INFO)