VRAI OU FAKE SNCF : Facebook a-t-il censuré les pages des syndicats de cheminots ?

Contacté, le réseau social affirme que les restrictions qui ont concerné les publications des syndicats résultent d'une erreur informatique.

Des cheminots manifestent lors d\'une journée de grève, le 4 juin 2019 à Paris.
Des cheminots manifestent lors d'une journée de grève, le 4 juin 2019 à Paris. (MAXPPP)

"On aimerait savoir ce qu'on a fait de mal, parce qu'on n'est pas loin de devenir paranos !" Interrogé par franceinfo mercredi 23 octobre, Fabien Villedieu, délégué SUD Rail, a un rire sarcastique au moment d'évoquer l'affaire qui le préoccupe : les restrictions de publication qui touchent trois pages Facebook de son syndicat depuis le début des arrêts de travail inopinés à la SNCF, le 18 octobre. Un problème qui concerne également une page de la CGT Cheminots, comme l'indique Le Parisien, qui a consacré un article au sujet mardi. 

"Les sanctions ont suivi le rythme du conflit", se rémémore Karim, administrateur de deux pages de SUD Rail. "Jeudi soir, on a commencé à informer nos abonnés que certains cheminots utiliseraient leur droit de retrait après l'accident survenu dans les Ardennes. Le lendemain, on a relayé les articles de presse sur le mouvement, nos tracts syndicaux… Et dès que nous avons commencé à contester le fait qu'il ne s'agissait pas d'une grève sans préavis mais de l'utilisation de notre droit de retrait, on a reçu les premières notifications", affirme le cheminot.

Comme le montre une capture d'écran publiée par Le Parisien, Facebook indiquait alors explicitement que les publications du syndicat n'étaient "pas partagées" dans le fil d'actualité de ses membres. En clair : le seul moyen pour suivre l'actualité de SUD Rail et de la CGT Cheminots était de se rendre manuellement sur leur page Facebook. "Pour la page SUD Rail Paris-Nord, c'était encore pire", ajoute Karim. "Dès que nous avons relayé le courrier de l'Inspection du travail qui validait le droit de retrait des cheminots, la page a été complètement bloquée", assure-t-il.

Facebook reconnaît une erreur

L'administrateur des pages Facebook du syndicat déplore le silence du réseau social. "On a immédiatement fait appel de cette décision, mais aucune explication ne nous a été fournie. C'était d'autant plus incompréhensible que nous sommes vraiment attentifs au respect de la loi dans nos publications et les commentaires laissés sur nos pages", ajoute Karim.

Au début, vous croyez à un bug, vous cherchez à comprendre. Puis vous appelez les collègues et vous vous rendez compte que votre syndicat n'est pas le seul concerné. Je veux bien croire aux coïncidences, mais quand même !Karim, administrateur des pages Facebook de SUD Railà franceinfo

Contacté par franceinfo, Facebook reconnaît une erreur, et explique que ces restrictions ont été appliquées de manière automatique après une défaillance de ses systèmes, qui auraient considéré les publications des syndicats comme contraires à son règlement. Le réseau social assure que toutes les sanctions ont été levées, ce que la CGT Cheminots confirme sur la page concernée. "Pour la page de Paris-Nord, c'est réglé, mais nous avons à nouveau reçu un message de restriction sur la page principale de SUD Rail", tempère Karim, qui attribue ce retour à la normale à la médiatisation de l'affaire.

Le réseau social affirme par ailleurs traiter les pages syndicales de la même manière que les autres, "sans considération de leur orientation politique ou des idées qu'elles véhiculent". Une explication qui laisse Fabien Villedieu dubitatif. "Depuis sept années que nos pages existent, c'est la première fois qu'une chose pareille arrive", soupire le délégué syndical. "Il ne s'agirait pas de nous refaire le même coup le 5 décembre, pour la journée de grève contre la réforme des retraites !"