Goldman, Louane, Guetta... 171 artistes français soutiennent la réforme du droit d'auteur

Ils signent une tribune dans "Le Journal du dimanche" pour dénoncer les "ogres" que sont devenus les Gafa. 

Le chanteur Jean-Jacques Goldman, lors de l\'émission \"Les Enfoirés\" en 2014. 
Le chanteur Jean-Jacques Goldman, lors de l'émission "Les Enfoirés" en 2014.  (PATRICK HERTZOG / AFP)

"Nous défendons le droit d'écrire notre histoire et non de vivre celle que les géants ont décidée pour nous." C'est en ces termes que 171 artistes et journalistes français défendent, dans une tribune publiée dans Le JDD, la réforme européenne du droit d'auteur. Le texte, publié dimanche 24 mars, est signé notamment par l'actrice Sandrine Bonnaire, le dessinateur Enki Bilal, le compositeur et interprète Jean-Jacques Goldman, la star de l'électro David Guetta et la chanteuse Louane. 

Il débute sous la forme d'une fable intitulée "les bons géants qui devinrent ogres" et elle raconte comment les Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon), géants au départ altruistes, sont devenus des ogres motivés par l'argent, résistant à toute forme de régulation. Le texte dénonce les "sommes vertigineuses" dépensées par ces géants du net pour combattre le projet de directive révisant le droit d'auteur, soumise à un vote final mardi.

"Nous défendons l'intérêt général"

La réforme ambitionne d'adapter à l'ère du numérique la législation européenne du droit d'auteur, qui date de 2001, une époque où YouTube, Tumblr ou encore Twitter n'existaient pas. Ses défenseurs espèrent obtenir une rémunération plus juste des plateformes utilisatrices de leurs contenus, mais cette réforme reste combattue avec force par les géants du net comme Google et les partisans d'un internet libre. Ces opposants affirment que la réforme nuirait à la créativité et à la gratuité du net.

Des arguments rejetés par les artistes signataires de la tribune. "Nous défendons l'intérêt général et pas seulement des intérêts privés, car nous ne défendons rien d'autre que notre bien commun le plus précieux, une certaine idée de la démocratie", assurent-ils. Et, s'adressant aux eurodéputés, ils plaident qu'en votant le projet de directive, ils prouveront que "l'Europe sait défendre les intérêts de ses peuples mieux que ces géants qui prétendent le faire à leur place".