Mark Zuckerberg appelle les pouvoirs publics à jouer un "rôle plus actif" pour réguler internet

Le patron et fondateur de Facebook recommande aux Etats de s'inspirer des règles européennes en matière de protection de la vie privée.

Le patron et fondateur de Facebook lors d\'un discours au salon VivaTech à Paris, le 24 mai 2018. 
Le patron et fondateur de Facebook lors d'un discours au salon VivaTech à Paris, le 24 mai 2018.  (GERARD JULIEN / AFP)

"Je suis convaincu que les gouvernements et les régulateurs doivent jouer un rôle plus actif." Le patron et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, appelle les pouvoirs publics à réguler internet, dans une tribune publiée samedi 30 mars dans le Washington Post aux Etats-Unis, le Frankfurter Allgemeine Zeitung en Allemagne, le Sunday Independent en Irlande et le Journal du dimanche en France.

Mark Zuckerberg estime qu'il faut de nouvelles réglementations dans quatre domaines : les contenus violents et haineux, l'intégrité des élections, la protection de la vie privée et la portabilité des données. Facebook a essuyé les critiques sur ces quatre sujets à cause des propos haineux publiés sur le premier réseau social au monde, l'utilisation de sa plateforme de vidéo Live par l'auteur de l'attentat perpétré dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, les tentatives d'influences étrangères lors d'élections et les inquiétudes concernant les données personnelles des utilisateurs.

"Nous avons trop de pouvoir en matière d'expression"

Au sujet de la protection des données, Marc Zuckerberg juge que davantage de pays devraient s'inspirer du Règlement européen de protection des données (RGPD), officiellement entré en vigueur le 25 mai dernier et qui prévoit des amendes pour les entreprises ne respectant pas la vie privée des utilisateurs de leurs services, notamment à des fins de publicité ciblée. 

Concernant les contenus haineux et violents, le fondateur de Facebook se range du côté des "décideurs publics" qui "me disent souvent que nous avons trop de pouvoir en matière d'expression". "Franchement, je suis d'accord", écrit-il, proposant la mise en place d'"organismes tiers" dont le rôle serait de "définir des standards sur la diffusion des contenus violents et haineux et d'évaluer les entreprises sur la base de ces standards".

Sur la question des élections, Marc Zuckerberg note que les lois sur la publicité politique en ligne concernent principalement les candidats et les élections, "plutôt que les sujets politiques qui divisent et sur lesquels nous avons constaté plus de tentatives d'interférence". Aussi appelle-t-il à une modernisation de la législation afin qu'elle reflète "la réalité des menaces actuelles"