"Libra", la monnaie virtuelle de Facebook, ne peut pas être lancée dans les conditions actuelles, estime Bruno Le Maire

A quelques minutes du début du G7 Finances à Chantilly, le ministre de l'Economie a estimé que la nouvelle cryptomonnaie ne pourrait entrer en vigueur tant qu'un encadrement adéquat n'aurait pas été mise en place.

Bruno Le Maire, le ministre de l\'Economie et des Finances lors de l\'arrivée de ses homologues du G7, à Chantilly le 17 juillet 2019
Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances lors de l'arrivée de ses homologues du G7, à Chantilly le 17 juillet 2019 (ERIC PIERMONT / AFP)

Le dernier projet de Facebook continue à susciter des inquiétudes. Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a estimé mercredi 17 juillet que Libra, la "cryptomonnaie stable" élaborée par Facebook, ne pourrait pas voir le jour en l'état. Cette déclaration intervient à quelques minutes du début de la réunion du G7 finances, qui rassemble à Chantilly (Oise) les sept pays les plus riches de la planète.

Le ministre a estimé devant la presse que "les conditions ne sont pas réunies pour que cette monnaie Libra telle qu'elle a été proposée par Facebook puisse être en fonction". Les ministres des Finances et les banquiers centraux présents au G7 doivent réfléchir "soit à un encadrement soit à une régulation" fixant les conditions indispensables à la mise en place de cet "instrument d'échange", a expliqué Bruno le Maire.

Le projet Libra, "balance" en latin, a été officiellement présenté par Facebook en juin. Pour Mark Zuckerberg, le patron du réseau social américain, il s'agit de rendre le transfert d'argent sur sa plateforme aussi facile que le partage d'une photo. Cette nouvelle crypto-monnaie se veut globale, universelle et non spéculative. Son taux de change fixe serait basé sur le dollar, l'euro et le yen.

Un accord sur la taxation du numérique

Plus largement, le ministre de l'Economie et des Finances a jugé indispensable que la réunion de Chantilly se solde par un accord de principe sur la taxation du numérique, malgré les récentes tensions avec Washington sur ce sujet.

"Un accord au niveau du G7 est décisif. Si nous ne trouvons pas d'accord au niveau du G7 sur les grands principes de la taxation du digital aujourd'hui ou demain, très franchement ça sera compliqué de trouver un accord entre les 129 pays membres de l'OCDE", a prévenu Bruno Le Maire.